© INTERNECafé, chocolat, fruits mais aussi vêtements ou objets de déco, en quelques mois, les sites de commerce équitable en ligne sont parvenus à offrir au consommateur une large gamme de produits venus du monde entier. Le mieux achalandé, avec 700 offres en rayon, est commerce-solidaire.com (CS.com) qui se présente comme "une galerie marchande ne regroupant que des boutiques liées à l’économie alternative". "Nous savons que les producteurs sont capables de fournir les marchandises. Le vrai problème est de pouvoir les vendre. Internet offre un débouché formidable", explique Patrick Valentin, le président de CS.com.
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Jean-Yves Le Turdu, le président de la Plateforme du commerce équitable, voit favorablement la naissance de ces sites "même s’ils sont doublement marginaux : parce que les ventes en ligne ne décollent pas et que le commerce équitable reste confidentiel". "Beaucoup de jeunes, passionnés d’informatique, diplômés d’école de commerce, pourraient être attirés par l’expérience. Mais ils sont un peu neufs dans le domaine et je crains que certains d’entre eux oublient les soucis d’éthique et d’équité pour des objectifs de rentabilité", craint Jean-Yves Le Turdu.
"Notre capitalisme est inédit"
Avec une quinzaine de ventes par mois pour les meilleurs sites, difficile de parler de rentabilité. "Au début, on croyait très fort au commerce en ligne mais on a vite constaté un volume d’affaires très lent", témoigne Jérémie Deravin, co-fondateur de commercequitable.com, qui compte 300 produits dans ses stocks. Jérémie et sa comparse Isabelle Trunkowski ont du chercher de nouveaux débouchés dans les foires commerciales spécialisées ou dans les réunions "Tupperware". "Internet sert surtout à fidéliser les clients rencontrés dans les salons et à les tenir informés", reconnaît Jérémie Deravin.
"Nous ne sommes pas de simples vendeurs en ligne, nous sommes d’abord des partisans du commerce équitable", rappelle Matthias Papet qui n’en écarte pas pour autant la nécessité d’équilibre financier. "Notre capitalisme est inédit parce que c’est une idée, celle d’équité, qui détient le capital, qui détermine à quoi sert l’argent", explique Patrick Valentin. "Pour le client, cela ne doit rien changer à la qualité des produits et du service mais en amont, avec les producteurs, les règles sont différentes, les objectifs aussi. La société n’en a pas encore pris conscience", conclut-il.
(Photo d'ouverture: presse-papier vendu sur le site Ethnik.org 150 francs)
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