© INTERNEAprès plusieurs jours de négociations stériles, L'OPEP semble en voie de remporter son bras de fer avec les autres producteurs de brut, la Norvège et le Mexique étant disposés à contribuer à une baisse commune de production. L'ultimatum du cartel s'est tout d'abord heurté à une fin de non-recevoir des principaux pays concernés, la Norvège et la Russie, mais ces deux pays ont brusquement changé de ton mardi. Selon Doug Leggate, analyste de la Commerzbank "les pays producteurs non-membres de l'OPEP ont nettement rapproché leurs positions", grâce à une tournée à Moscou et Oslo du ministre mexicain du Pétrole Ernesto Martens. La Norvège a en effet déclaré qu'elle était prête à diminuer sa production, sous réserve que les autres pays concernés en fassent autant, et la Russie commence à se montrer plus conciliante.
Après une semaine très conflictuelle, la bonne volonté affichée des pays producteurs a mis du baume au cœur des marchés pétroliers sur lesquels les cours du brut ont nettement progressé mardi. La prudence reste pourtant de mise du côté des analystes qui soulignent que la Norvège n'avait pas encore pris d'engagement chiffré et que la collaboration russe n'était pas encore totalement acquise.
La Russie fait de la résistance
Selon L Willem Buiter, l'économiste en chef de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), si la Russie résiste depuis plusieurs jours à la pression de L'OPEP, c'est que l'économie russe est suffisamment robuste pour résister à une forte baisse des prix pétroliers, et ce même si le baril descendait à 12 dollars. Même dans le cas de ce scénario pessimiste, la Russie pourrait en effet faire face à ses échéances sur la dette extérieure. L'incertitude qui règne sur les marchés des matières premières n'affecte pas la stratégie du vice-Premier ministre Alexeï Koudrine, qui a expliqué que les prévisions budgétaires avaient été bâti initialement sur une fourchette de prix comprise entre 18,5 dollars et 23,5 dollars. Actuellement le prix du Brent évolue entre 17 et 20 dollars, les analystes en déduisent donc que la Russie n'a aucune intention réelle de soutenir les prix et donc de réduire sa production de façon significative. Ainsi Christopher Weafer de la banque Troïka Dialog de souligner que la politique Russe consiste à "augmenter ses volumes de production pétrolière pour permettre au budget de continuer à engranger des recettes solides même si les cours pétroliers étaient faibles".
Une étude de la revue Petroleum Intelligence Weekly montre que le prix minimum acceptable pour les onze membres de l'OPEP est 18 dollars, les négociateurs des deux parties seront donc très actifs dans les semaines à venir.
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