La conférence de l'OMC s'est ouverte à Doha

Par S.L., le 09 novembre 2001 à 09h39 , mis à jour le 09 novembre 2001 à 10h14

Depuis vendredi après-midi, 142 pays sont réunis au Qatar pour décider de l'ouverture ou non d'une nouveau cycle de négociations commerciales dans le cadre de l'OMC. Retrouvez le dossier de la rédaction sur les enjeux de Doha.

doha omc bateau greenpeace © INTERNE


DOHA - 01 

Transformera, transformera pas ? L'ombre de l'échec de Seattle en 1998 plane à Doha alors que s'ouverte vendredi après-midi la conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui doit décider de l'ouverture d'un nouveau cycle de négociations commerciales. Rien ne semble acquis. Mike Moore, directeur général de l'OMC, a lui-même reconnu jeudi que la conférence risquait d'être difficile, alors que des divergences persistent entre les ministres du commerce de l'organisation.

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Au nombre des sujets qui fâchent : la question des brevets des médicaments, des subventions agricoles ou encore les questions d'environnement et d'exception culturelle. "L'agriculture ne sera pas une variable d'ajustement de la négociation", a déjà averti le Premier ministre français, Lionel Jospin. A cela s'ajoutent les réclamations des pays en voie de développement qui souhaitent d'abord revenir sur l'application du précédent accord du Cycle de l'Uruguay, qui donna naissance à l'OMC, avant d'entamer un nouveau round. Pourtant, à l'heure du ralentissement économique, une certaine urgence à relancer les négociations se fait sentir.

Un nouveau cycle permettrait de redynamiser les échanges commerciaux, de mettre à bas des barrières tarifaires supplémentaires et surtout d'éviter le repli protectionniste de certains. Or l'incapacité cette fois-ci de lancer un nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales dans le cadre de l'OMC marquerait un net déclin de l'organisation, au profit d'accords bilatéraux ou régionaux peu satisfaisants en terme de concurrence. A cela s'ajoute la pression supplémentaire d'une sécurité maximale, mise en place à Doha par les autorités du Qatar dans la crainte d'une éventuelle attaque terroriste.

Le contre-sommet est mondial


Une quarantaine d'organisations ont appelé à manifester samedi à Paris et dans plus de cinquante autres villes de France sur le thème "Le monde n'est pas une marchandise". Les différents comités Attac ont prévu d'organiser "117 événements dans 12 pays" (dont l'Allemagne, le Canada, la Suisse, le Portugal). "Depuis sa création en 1995, l'OMC impose un processus de libéralisation généralisée qui concerne non seulement le commerce mais tous les secteurs de la vie économique et sociale : environnement, santé, services publics, alimentation et propriété du vivant", dénoncent-ils. L'appel est signé notamment par Attac, la Coordination contre l'OMC, la Confédération paysanne, l'Unef, les Maisons des jeunes et de la culture, le groupe des Dix-solidaires, et par de nombreuses associations humanitaires, de défense des droits de l'homme, des femmes ou de l'environnement. Elle est également soutenue par les Verts, le PCF, le MDC, la LCR et des Alternatifs.

Photo de Une : le bateau de Greenpeace dans le port de Doha au Qatar.

Par S.L. le 09 novembre 2001 à 09:39
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