Peut-être faut-il y voir la conséquence de la baisse du prix du pétrole et d’une inflation contenue. Ou encore celle des baisses d’impôts déjà obtenues et de celles à venir ? Un bémol, mais il est important : les Français ne sont pas convaincus de l’opportunité de faire des achats pour le moment. Ce qui laisse présager une baisse de la consommation des ménages pour le dernier trimestre.Fuites inquiétantes à Bruxelles
Si les achats diminuent, la conjoncture industrielle poursuivra la glissade entamée il y a plusieurs mois. Les industriels en sont persuadés à en croire l'enquête trimestrielle d'octobre réalisée par l’Insee. Cette dernière relève que, d’après les patrons, "la demande diminue fortement" et pourrait se dégrader encore au quatrième trimestre. Résultat : les industriels sont convaincus que les effectifs diminueront "fortement" dans les trois prochains mois. L’indice qui mesure cette tendance passe de +1 en juillet à –12 en octobre dans l’industrie manufacturière. Même les services seraient en baisse d’activité. Du jamais vu en trois ans.
Le ministre de l'Economie Laurent Fabius a récemment révisé en légère baisse, de 2,3% à environ 2,1%, sa prévision de croissance française pour 2001 mais a maintenu son estimation de 2,25% à 2,5% pour l'an prochain. Les économistes du Fonds monétaire international, moins optimistes, ont ramené lundi de 2,1% à 1,6% leurs prévisions de croissance pour la France en 2002. Mais le plus inquiétant n’est pas là. Selon plusieurs sources à Bruxelles, la Commission européenne devrait ramener ce mois-ci sa prévision de croissance européenne à 1,7%, une révision en forte baisse par rapport aux 2,8% attendus en avril dernier.