Les "expat" français, heureux mais inquiets

Par , le 14 novembre 2001 à 18h23 , mis à jour le 13 novembre 2001 à 18h36

Les expatriés dans des entreprises françaises à l'étranger sont largement satisfaits de leur expérience selon une étude du cabinet Ernst and Young. La question du conjoint mais aussi du retour en France posent en revanche davantage de problèmes.

emploi jeune © INTERNE

87% des expatriés se déclarent satisfaits de leur expérience à l'étranger. L'enquête publiée par la société de consultants Ernst and Young a été menée auprès de 42 multinationales françaises à partir du témoignage de 1200 personne. Dans 9 cas sur dix, partir travailler à l'étranger est vécu comme "une opportunité de carrière et apprécié essentiellement pour les responsabilités et l'ouverture d'esprit. Satisfaits donc, mais inquiets. Dans 40% des cas, les expatriés ont accepté l'offre par crainte d'être pénalisé en cas de refus. Ensuite, le départ est rarement bien préparé : un personne sur cinq ignorait les règles d'expatriation en vigueur dans l'entreprise ainsi que l'objectif précis de sa mission. Moins d'un tiers d'entre eux ont reçu une formation linguistique alors qu'ils en auraient eu besoin.

"Le problème du conjoint"

Contrairement à une idée reçue, le salaire n'est pas une des principales motivations. Si 84% des "expat" conservent une rémunération proche de celle qu'ils touchaient en France, certains regrettent qu'elle n'évolue pas pendant leur séjour. Autre bémol : la peur du retour. 41% des expatriés se disent "plutôt ou très préoccupés" par la fin du séjour à l'étranger. Qui va à la chasse… Une grande majorité se déclarent même "très inquiets" de l'identification du poste lors de leur réintégration dans leur entreprise.

Dans trois quarts des cas, leurs conjoints ont été obligés de quitter leur emploi pour les suivre et seulement 17% en ont retrouvé un dans le pays d'accueil. La plupart décide de mettre leur carrière entre parenthèses. Un meilleur accompagnement des conjoints de la part des entreprises est d'ailleurs une des principales revendications des expatriés. Dans 51% des cas, le conjoint n'a bénéficié d'aucune mesure. Les "expat souhaiteraient que les entreprises sachent mieux reconnaître l'effort qu'ils ont fait en déplaçant leur famille" explique Laurence Avram-Diday, une des responsables de l'enquête.

Si vous êtes vous-même expatrié et que vous souhaitez nous faire part de votre expérience, vous pouvez le faire en cliquant sur "Donnez votre avis", ci-dessous.

Par Sophie Lutrand le 14 novembre 2001 à 18:23
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