Les Français se serrent la ceinture d'un cran

Par D.S., le 21 novembre 2001 à 12h14 , mis à jour le 21 novembre 2001 à 12h25

Selon l’Insee, la consommation des ménages en produits manufacturés a baissé de 0,4% en octobre par rapport à septembre. Les Français ont-ils simplement reporté les achats d’hiver en raison de la clémence de la météo ou cèdent-ils à la morosité comme leurs voisins ?

Chocolats dans une vitrine (DR) © INTERNE

Petite faiblesse passagère ou grosse déprime ? La consommation des ménages en produits manufacturés a reculé de 0,4% en octobre par rapport au mois précédent qui était déjà légèrement en repli (-0,1%). L’Insee, qui a réalisé cette étude, a constaté que la consommation était très différente d’un secteur à l’autre. Ainsi, l’habillement souffre-t-il particulièrement (-3,3%) alors que les achats de biens durables ont progressé de 1,7%. Les Français ont privilégié l’équipement de leurs logements et l’acquisition de voitures.

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L’Insee qualifie "d'un peu décevants" ces chiffres et veut encore croire à un "accident", lié au temps clément en octobre : les températures n'ont pas incité à acheter des vêtements d'hiver. L’Insee relève plutôt que la consommation en biens durables, la plus révélatrice de l'état d'esprit des ménages, est bien orientée. En revanche, certains économistes, comme Ludovic Normand, du CCF, voient dans ces chiffres le signe de "la perte de confiance des ménages en ligne avec la remontée du taux de chômage", tandis que "les incitations fiscales, baisses d'impôts, prime pour l'emploi, et la modération de l'inflation n'arrivent pas à inverser cette tendance baissière".

Le gouvernement prépare l'opinion

L’OCDE ou le FMI pensent aussi que la consommation des ménage ne suffira pas à soutenir la croissance indéfiniment. Alors que le budget 2002 est construit sur une hypothèse de croissance de 2,5%, avec un "point bas possible" à 2,25%, le Fonds Monétaire International estime que cette croissance ne sera que de 1,3%. Pour l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle sera de 1,6%. La Commission européenne prévoit quant à elle une croissance de 1,5% en 2002. Cependant, l'OCDE pense que la croissance en France en 2003 renouera avec les 3% ; l'Union avec les 2,6%.

Florence Parly, la secrétaire d'Etat au Budget, et Laurent Fabius, se sont prudemment engagés dans un exercice de préparation de l’opinion publique à un renversement de tendance. M. Fabius a reconnu mardi à l'Assemblée nationale que "la France ne peut pas échapper à l'environnement général", tout en rappelant une nouvelle fois qu'elle "s'en sort mieux jusqu'à présent que la plupart des autres" pays, comme l'Allemagne, les Etats-Unis ou le Japon.

Par D.S. le 21 novembre 2001 à 12:14
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