© AFPQue ce soit sur le travail, la démocratie ou la protection sociale, les propositions du Medef ne laissent pas indifférent. Celles formulées mardi dernier par l’organisation patronale visant à introduire une "dose de concurrence" dans le système (voyez notre encadré), n’y font pas exception. La CGT accuse les patrons de vouloir écarter les syndicats et de jouer à la fois la carte "de l’étatisation et de la privatisation". La CFTC de son côté estime que le Medef oublie " l’intérêt général " et souhaite faire "fleurir le commerce de la protection sociale " pour satisfaire l’intérêt des entreprises.
La CFE-CGC dénonce rien moins que "le dynamitage de la Sécu". Ces projets "auraient pour effet d’abandonner toute forme de solidarité entre les Français, tout ce qui fait le ciment de la Nation". Et d’appeler les chefs d’entreprise à se désolidariser du Medef. Plusieurs mutuelles ont également fait connaître leur opposition. La Mutualité française a rappelé que "partout où le système préconisé par le Medef était d’application, cela s’est traduit par d’importantes régressions pour les populations".Reprenant à son compte ces critiques, la ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Elizabeth Guigou, a estimé que le Medef dévoilait enfin le sens de son action : "la fin du paritarisme et la privatisation de la Sécurité sociale". Pour la ministre, les idées du patronat ouvrent la voie à "une sécurité sociale à deux vitesses" et consacrent "l’entrée en force des fonds de pension" dans le domaine des retraites.
Assurance maladie. L’entreprise pourrait "avec ses salariés et sur appel d’offre" traiter avec l’opérateur de soins de son choix. Cet opérateur pourrait être, comme aujourd’hui, une émanation de l’Etat via les caisses de la Sécu, ou un organisme privé. Le gouvernement serait toujours chargé de dresser les priorités de santé publique et de définir le niveau de remboursement des soins. Les opérateurs seraient financés par l’Etat à concurrence du nombre d’assurés couverts. A ce propos, le Medef réclame un financement de la Sécu par la contribution sociale généralisée (CSG), due par tous les Français, et non par des cotisations reposant uniquement sur les salariés et les entreprises. Accidents du travail et maladies professionnelles devraient être indemnisés par l’organisme choisi librement par l’entreprise. Retraites. Le Medef réclame "un seul système de retraite unifié" pour les salariés et les fonctionnaires, tel que le prévoit l’accord minoritaire signé en janvier avec la CFDT et la CFTC. Les patrons proposent la retraite par capitalisation facultative et l'allongement du temps de cotisation. Familles. Les patrons ne veulent plus payer pour financer la politique de la famille. C’est le rôle de l’impôt universel, disent-ils. |
(Photo d'ouverture AFP : Denis Kessler, le vice-président du Medef)