© AFPLe troisième aéroport francilien devrait donc d’ici quelques années s’ériger dans la campagne picarde, à Chaulnes, à une trentaine de kilomètres à l’est d’Amiens. Selon le quotidien économique La Tribune, telle serait la recommandation du ministre des Transports Jean-Claude Gayssot auprès de ses collègues du gouvernement. Comme il se doit, l’intéressé n’a pas confirmé.
"Ce n'est pas fait. La décision n'a pas été prise mais il n'y en a plus pour longtemps", a néanmoins commenté le ministre, accréditant les informations de La Tribune selon laquelle la décision du gouvernement pourrait être annoncée dès la semaine prochaine, tout au plus dans deux semaines, le temps pour Lionel Jospin de consulter les élus locaux et les parlementaires concernés.
"Si c'est le choix du ministre, c'est le plus mauvais des choix, le moins bien relié à Paris et Roissy", s’est exclamé le député-maire UDF d'Amiens, Gilles de Robien. "L'autoroute A1 (Paris-Lille) est déjà saturée et il faudrait aussi une nouvelle ligne TGV exclusivement dédiée à cet aéroport", a-t-il ajouté.
Le député, à l’instar de certains membres du gouvernement lui-même, est opposé au principe même de la construction d’une nouvelle plate-forme aéroportuaire en France. "Il est inimaginable que M. Gayssot se soit déjà fait une opinion" sans les conclusions d'un rapport parlementaire sur la question, toujours en cours d'élaboration,a-t-il expliqué en substance.
Déjà en 1996
Le site de Chaulnes, soutenu par le ministère de l’Equipement, des Transports et du Logement, avait déjà été examiné en 1996 par la mission Douffiagues, bien avant le débat public de ces derniers mois et la proposition de huit sites candidats. Une précision que n’a pas manqué de rappeler ce mercredi le député communiste de la Somme Maxime Gremetz qui avait proposé le site à Bernard Pons, le ministre de l’époque.
"Le site de Chaulnes est le plus adapté car il est situé dans une zone peu peuplée et bien desservie du point de vue autoroutier. En outre, les avions de la plate-forme ne survoleraient ni Amiens, ni Saint-Quentin", a-t-il estimé. Pour lui, un tel site permettrait une "revitalisation" de cette région rurale. "Je continue de penser que la Somme a toutes ses chances", a-t-il dit.
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