© INTERNESoixante pays en développement présenteront un front uni lors de la conférence de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Doha (voir encadré). Leur objectif : pouvoir produire ou acheter à moindre coût des médicaments brevetés par les grands groupes pharmaceutiques. Face à eux, se dresseront, derrière la Suisse et les Etats-Unis, les tenants d’un strict respect de la propriété intellectuelle. L’opposition risque d’être si vive que Mike Moore, le directeur général de l'OMC, a prévenu jeudi qu’elle pourrait "bien être la cause d'un échec" de la conférence.
La santé d’abord
Plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la Suisse, qui abritent le siège de grands groupes pharmaceutiques, sont opposés à une telle démarche. Lever un brevet reviendrait à priver les laboratoires de bénéfices compensant les lourds investissements qu’ils ont consacrés à la recherche. L’année dernière, les grands groupes s’étaient ainsi unis pour engager des actions judiciaires à l’encontre de l’Etat Sud Africain tandis que les Etats-Unis avaient déposé une plainte contre le Brésil devant l’OMC. Face à la mobilisation des ONG et de l’opinion publique, ces actions ont été abandonnées au printemps dernier.
"Double standard" américain
La conférence de Doha sera l’occasion pour les pays en développement d’orienter l’accord Adpic en faveur du droit à la santé. Ils ne manqueront pas de rappeler aux Etats-Unis et au Canada que dernièrement, ils n’ont pas hésité à imposer à Bayer la baisse du prix du Cipro (ciprofloxacine), un antibiotique utilisé pour le traitement de la maladie du charbon... après l’avoir menacer de lever son brevet sur ce produit.
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