Les Bata mettent à sac deux magasins parisiens

Par , le 06 décembre 2001 à 14h00 , mis à jour le 06 décembre 2001 à 14h05

Deux cents ouvriers de l'usine Bata de Moussey ont répandu sur la chaussée des milliers de chaussures stockées dans les magasins. Victimes d'un dépôt de bilan, ils réclament un "plan social sérieux".

Magasin Bata Rivoli dévasté le 6.12.2001 (LCI) © INTERNE

Jeudi, les ouvriers de l'usine Bata de Moussey ont organisé une journée "portes ouvertes" dans deux magasins parisiens. Mais ils l'ont fait à leur manière. Les deux magasins, l’un rue de Rivoli l’autre place de l’Hôtel de Ville, ont été mis à sac en début d'après-midi par des ouvriers "déçus, trahis et en colère".

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Cette action surprise menée à l'initiative de l’intersyndicale CGT-CFDT-CGC a été interrompue au bout d'une vingtaine de minutes par l'arrivée des forces de l’ordre. "Quatre camarades ont été interpellés par les CRS", selon le secrétaire général de la CFDT HaCuiTex, Martial Videt, présent sur les lieux.

Dans un cas comme dans l’autre, les chaussures vendues dans les établissements ont été répandues sur le trottoir et emportées au fur et à mesure par les passants. Quelques minutes plus tard, les volets métalliques étaient baissés sur les vitrines dévastées et les vendeuses brossaient les trottoirs jonchés de papiers et de boîtes à chaussures… vides.

Manifestation de dépit

"Ces actions sont une manifestation de dépit car, depuis six mois, Bata-Hellocourt est en dépôt de bilan et ni les employeurs ni le gouvernement ne se sont inquiétés de l’ouverture de négociations pour le plan social", expliquait Martial Videt peu après les interventions. Sur les 823 ouvriers que compte l'usine mise en liquidation, 524 sont menacés d’un départ forcé. " Rien n’est prévu pour le reclassement, ni pour les pré-retraites et encore moins pour une ré-industrialisation du site où l’usine de Moussey est la dernière grosse entreprise ", poursuivait le représentant de la CFDT.


Anita Marchal - tf1.fr

"Les salariés ont été trahis par le groupe qui préparait depuis plus de deux ans en secret le dépôt de bilan de notre usine", expliquait pour sa part Anita Marchal, déléguée CFDT. "J’ai commencé à travailler pour Bata à 14 ans et j’ai donné 40 ans de ma vie pour cette entreprise. Aujourd’hui, comme des centaines de collègues, je suis menacée de me retrouver sans emploi", témoignait cette ouvrière.

Une autre délégation des ouvriers de Bata s'était rendue en fin de matinée au siège sociale de l'entreprise à Nanterre (Hauts-de-Seine) mais sans y être reçue. "Nous exigeons un plan social digne comme s'y est engagé le pdg de Bata A.A, Monsieur Dupont", précise un tract distribué par les manifestants.

Par David Straus le 06 décembre 2001 à 14:00
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