Bull hérite d'un patron pour faire les comptes

Par D.S., le 03 décembre 2001 à 11h17 , mis à jour le 03 décembre 2001 à 11h28

Le conseil d’administration du groupe informatique a désigné Pierre Bonelli, l’ancien président de Sema Group, pour réaliser l’audit de la société en grande difficulté financière. La vente de la branche de services, Integris France, est suspendue jusqu’à nouvel ordre.

Bull logo informatique ordinateur pc (dr) © INTERNE

Après quinze jours de recherches, le gouvernement a finalement trouvé l’homme qui reprendra les rênes de Bull. Pierre Bonelli a été désigné dimanche soir par le conseil d’administration de la société, où l’Etat conserve encore une belle participation (16,3%). Agé de 62 ans, l’ancien président du groupe informatique Sema est chargé "de soumettre, le plus rapidement possible, ses recommandations et les options stratégiques qui devront, une fois retenues, être mises en œuvre".

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En attendant la fin de cet audit, le groupe conservera sa branche de services, Integris France, dont la cession avait été envisagée ces dernières semaines. Cette vente n’eut été qu’une phase ultime d’un démantèlement commencé il y a cinq ans. Devant le refus des actionnaires américains et japonais de mettre la main au portefeuille, le groupe a déjà dû se séparer de ses terminaux de paiement par carte, de ses automates et des cartes à puces.

Selon Les Echos, Bull pourrait accuser sur l’exercice 2001 une perte de 120 millions d’euros. Au total, le groupe qui fit la fierté de la France aura finalement englouti plus de 3 milliards d’euros de subventions. Le gouvernement s’est engagé à avancer 100 millions d’euros mais rien n’indique que les autres actionnaires en feront autant.

Occasions manquées


Fondée en 1931 pour exploiter un système de classement à cartes perforées inventé par le Norvégien Bull, la Compagnie des machines Bull se développe avec un capital franco-français jusqu’au début des années 60. A cette époque, la construction d’ordinateurs l’oblige à accueillir en son sein l’Américain General Electric qui détiendra jusqu’à deux tiers des actions. Lorsque la Compagnie internationale pour l’informatique (CII) voulue par le Général de Gaulle court à sa perte, Bull fusionne avec elle en 1976.

La compagnie passe alors à côté de sa chance historique. En 1978, elle s’était emparée d’une petite société R2E mais n’avait pas jugé bon de parier sur le Micral, le produit phare de cette petite boîte. Erreur ! Ce Micral n’était autre qu’un des premiers micro-ordinateurs du monde.

En 1982, Pierre Mauroy ordonne la nationalisation du groupe pour le sauver de la banqueroute. De recapitalisations en subventions, Bull échappe une nouvelle fois à la mort en 1995 en mettant fin in extremis à sa collaboration avec l’Américain Zenith Data System. Deux ans plus tard, la boucle est bouclée : Bull est à nouveau une société privée, l’Etat ne conservant qu’une part minoritaire. Mais les actionnaires ne veulent plus ouvrir leur bourse.
       

Par D.S. le 03 décembre 2001 à 11:17
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