Ailleurs le diplôme n'est pas le sésame

Par , le 23 janvier 2002 à 17h30 , mis à jour le 22 janvier 2002 à 17h41

EXPAT’ - Jean-François Petit-Archambault, pdg d’un important cabinet de recrutement, analyse l’importance accordée aux diplômes de part et d’autre de l’Atlantique.

DR. © INTERNE

 

Jean-François Petit-Archambault est président du cabinet Orthus et fondateur du réseau international Intersearch, l'un des 10 plus importants groupes mondiaux de conseil en recrutement de cadres et dirigeants. Sa carrière passe par l’Italie où il a travaillé pour le groupe Iveco.

tf1.fr : Le diplôme est-il un critère plus important pour les patrons français que pour leurs homologues anglo-saxons ?


       

J. – F. P.- A. : Sans conteste, sauf peut-être dans la finance où on constate un certain élitisme de part et d’autre de l’Atlantique et de la Manche. Les pays latins en général accordent plus d’importance aux titres académiques, parfois jusqu’au formalisme. En Italie, il est symptomatique d’entendre des ‘dottore’, ‘professore’, ‘avvocato’ à tout bout de champ. En France, nous avons une culture atypique du diplôme car notre pays est le seul à s’être doté d’un réseau de grandes écoles. Réseau, c’est beaucoup dire. En fait, il n’y a que trois ou quatre écoles qui comptent… dont deux d’ingénieurs.


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tf1.fr :
Il n’y aurait pas de titres plus prisés chez les Anglo-Saxons ?

J. – F. P.- A. : Il existe au Royaume-Uni et aux Etats-Unis quelques universités réputées mais ce n’est en rien comparable au système français. Dans ces pays, par exemple, les ingénieurs sont loin d’occuper le haut du panier. Avec nos clients anglo-saxons, le travail n’en est que plus facile. Bien sûr, un employeur américain demandera un diplôme équivalant à bac+5 mais pour lui, un DESS en sociologie de l’environnement fait le même effet que Polytechnique.

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tf1.fr : : Vous, dont le métier consiste à recruter des cadres pour des entreprises de tous pays, accordez-vous de l’importance au diplôme ? Etes-vous attaché au système des grandes écoles ?

J. – F. P.- A. : Au risque de choquer, j’aurais plutôt tendance à favoriser des gens qui ont passé des concours et obtenu des diplômes bien cotés car ça prouve qu’ils ont réussi quelque chose de difficile au moins une fois dans leur vie. Je suis d’autant plus attaché au diplôme que les candidats sont jeunes.

tf1.fr : Les recruteurs anglo-saxons seront-ils plus attentifs à l’expérience ou à l’âge en guise de compensation ?

J. – F. P.- A. : Si le diplôme est la porte d’entrée obligatoire en France, il n’est pas suffisant. Après, le recruteur français appliquera les mêmes critères que ses confrères étrangers. L’expérience, la personnalité, l’âge sont en effet les critères sur lesquels se fonde le recrutement.

tf1.fr : Les Français à l’étranger ont-ils plus de chance de réussir ?

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Liens cités

  
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J. – F. P.- A. : C’est possible mais pas parce qu’ils sont Français. Simplement parce qu’ils sont à l’étranger. Les recruteurs, français ou étrangers, accordent une prime aux expatriés car ils ont accepté de partir, de prendre des risques et de faire des sacrifices. Le gros problème avec les expatriés, c’est le retour au pays, car ils prétendent à des responsabilités et à des salaires plus élevés que ce à quoi ils auraient eu droit en restant chez eux. Ils ont un regard parfois plus lucide, parfois aussi décalé sur la vie dans leur pays.

Par David Straus le 23 janvier 2002 à 17:30
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