A chaque région un métier et un seul ?

Par , le 28 janvier 2002 à 20h36 , mis à jour le 26 janvier 2002 à 21h00

Comment exister économiquement dans un contexte de mondialisation accrue ? La première édition des Entretiens internationaux de l'aménagement du territoire qui commence aujourd'hui propose une solution : la spécialisation des régions françaises dans un seul type de métier.

cordonnier artisanat © INTERNE

On connaissait les bougnats auvergnats qui vivaient de la vente du charbon, les nourrices morvandelles qui venaient proposer leurs services aux familles parisiennes. Des générations entières, selon leur origine géographique, se spécialisaient dans un seul métier. L’idée pourrait aujourd'hui être dépoussiérée et remise au goût du jour. La première édition des Entretiens internationaux de l’aménagement du territoire s’ouvre aujourd’hui à la cité des Sciences et de l’Industrie à Paris avec, pour thème fédérateur, la notion de " systèmes productifs locaux ".

Il s’agit de regrouper des entreprises liées par les mêmes activités dans une même zone géographique. De la Silicon Valley californienne aux souks des teinturiers de Marrakech, en passant par le pôle image numérique d'Angoulême, la problématique est la même : "tous les concurrents se regroupent en un lieu pour façonner un environnement adapté à leurs exigences", explique Jean-Louis Guigou, délégué de la Datar (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale). Le SPL( système productif local), poursuit-il, est "une organisation en grappe de plusieurs chefs d'entreprises qui disent: Allez, on arrête de se faire concurrence et on se met tous à travailler ensemble parce que nos concurrents, ce ne sont pas nos voisins d'à côté, mais plutôt les Japonais ou les Américains."

Un rempart aux effets négatifs de la mondialisation

"Avec la mondialisation et le développement des nouvelles technologies de l'information, on observe que les disparités entre les régions d'un même pays ont tendance à s'accroître", renchérit Bernard Hugonnier, directeur du développement territorial à l'OCDE. Grâce aux SPL, les bassins d'emplois peuvent notamment réduire le taux de chômage, tandis que les liens avec les universités permettent d'entretenir l'innovation.

Si ce mode d'organisation se développe partout dans le monde - comme en Italie où l'on compte quelque 300 districts de ce type - il reste peu répandu en France. Aujourd'hui, 83 bassins d'emplois, sur les 500 identifiés en France par la Datar, sont parvenus à s'organiser autour d'une dominante économique et méritent aujourd'hui le nom de SPL. Parmi eux, on peut citer les lunetiers du Jura, l'aéronautique à Toulouse ou les producteurs de téléphone de Lannion. L'objectif de la Datar est d'arriver à 200, voire 250 SPL organisés d'ici deux à trois ans.

Par Sophie Lutrand le 28 janvier 2002 à 20:36
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