A l’étranger sans diplôme

Par Sophie Lutrand et David STRAUS, le 23 janvier 2002 à 16h18 , mis à jour le 22 janvier 2002 à 16h30

EXPAT – En Irlande, Aude a quintuplé son salaire en huit ans. Elle fuyait la France où son diplôme la destinait selon elle au chômage. Avec son BTS, Peggy est devenue responsable des ventes dans une société américaine de télécom.

Expatriés vignette rectangulaire © INTERNE

     
"J’ai quintuplé mon salaire en huit ans"

Aude a 19 ans lorsqu’elle termine ses études en 1993. Avec son DUT de techniques de commercialisation pour tout bagage, la jeune femme a le sentiment qu’elle ne trouvera pas facilement un emploi en France et décide de s’offrir une année de réflexion en Irlande où elle part comme jeune fille au pair. Elle découvre un pays en plein boom économique et envoie son CV chez IBM.

Une semaine plus tard, la voilà engagée pour près de 110.000 francs par an dans leur tout nouveau centre de télécommunications. "J'ai été embauchée comme technicienne alors que je ne savais même pas allumer un ordinateur", se souvient-elle. Qu’importe, l’entreprise lui offre une formation et, six mois après, Aude devient "supervisor".

Huit ans plus tard, après un passage chez Compaq, notre expatriée est aujourd’hui responsable dans une start up. Son salaire est cinq fois plus élevé qu’à ses débuts chez IBM. "Il faut accepter de travailler 12 heures par jour mais je n'aurais jamais eu en France la carrière que j'ai. Pas aussi vite en tout cas. Ici, les entreprises n'hésitent pas à investir dans les personnes, à leur payer des formations très chères pour les faire progresser ", estime la jeune femme qui se dit pourtant prête à gagner moitié moins pour une place au soleil et en France.

S.L.
      

     
"Une philosophie qui donne envie de travailler"

Peggy a traversé l’Atlantique par amour. Quand il s’agit pour elle de trouver du travail, elle se sent dépourvue avec son BTS - Action commerciale. Une société de télécommunications hi-tech accepte pourtant de la recruter pour s’occuper de la comptabilité. "J’ai commencé au bas de l’échelle à 10 dollars de l’heure (11 €) mais je leur ai très vite prouvé qu’ils pouvaient augmenter mes responsabilités : ils m’ont fait confiance", témoigne la jeune femme à qui l’on confie les relations entre technique et clients, puis un poste aux "ventes".

"En France, avec mon BTS, j’aurais été confrontée à plus de hiérarchie et on m’aurait sans doute proposé un travail de base : faire des photocopies, par exemple", avance Peggy. "En France, même si vous travaillez plus que 35 heures, vous n’obtenez aucune reconnaissance, ni financière, ni même verbale, de la part de votre patron", poursuit-elle. "J’ai été très surprise des responsabilités qui m’ont été confiées aux Etats-Unis : mon patron m’a dédié un travail et m’a fait confiance. L’âge n’a pas d’importance, c’est la volonté d’apprendre et de se battre qui compte. C’est une philosophie qui donne envie de travailler", conclut-elle.

DjS
      

Retrouvez l'interview de Jean-François Petit-Archambault, en cliquant ici

Par Sophie Lutrand et David STRAUS le 23 janvier 2002 à 16:18
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