© INTERNELe cadre, brillant ou pas, serait-il en passe de devenir un denrée rare ? A en croire les projections de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), la France sera confrontée dès 2004 à une pénurie évaluée à 40.000 cadres par an, secteurs privé et public confondus, 60.000 en 2010.
Soupçonné de catastrophisme, le président de l’Apec, Jacques Monier, précise aussitôt qu’ "il ne s’agit pas d’une prévision mais d’un projection destinée à alerter sur ce qui est susceptible de se passer si on prolonge les tendances observées ces dix dernières années".
Départs à la retraite et augmentation des besoins
Première constatation, les entreprises vont être confrontées à des départs massifs en retraite. Au cours des années 90, elles ont dû remplacer en moyenne 55.000 employés par an. A partir de 2004, lorsque les baby-boomers seront devenus des papy-boomers, ils seront plus de 80.000 en moyenne à quitter le monde du travail.
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Deuxième explication, qui n’est qu’un postulat, le besoin d’encadrement dans le privé continuera à croître. Au cours des dix dernières années, l’effectif a progressé de 2,6%, en moyenne. Si l’on applique ce taux à la décennie à venir, 625.000 cadres devront être engagés d’ici à 2010, soit 62.500 cadres en plus chaque année. Départs en retraite et augmentation des besoins, les entreprises privées devront trouver au total près d’un million quatre cent mille nouvelles têtes.
Pas assez de diplômés
Tout cela sans compter avec l’administration, tout aussi vorace en la matière. L’Apec estime à 850.000 le nombre de postes à créer ou à remplacer dans la fonction publique. Or, privés ou publics, les recruteurs risquent d’être confrontés à un autre problème : le vivier des jeunes diplômés (bac+4) se tarit pour des raisons de natalité.
Outre les 60.000 cadres sans emploi (souvent momentanément), les entreprises peuvent choisir de chasser sur les terres du voisin, français ou étranger. Mais la pratique a ses limites, comme le remarque un responsable de l’Apec. Ainsi, l’Inde s'est-elle montrée très réticente à laisser émigrer ses cerveaux vers l’Allemagne. Plus généralement, tous les employeurs n'auront pas les moyens (financiers) de débaucher le cadre d'un concurrent. Ils devront donc se débrouiller avec leurs propres troupes et trouver leurs nouveaux responsables en leur sein.
Promotions, promotions, promotions
"Nous devons faire notre révolution dans l’approche ‘diplôme, diplôme, diplôme’ et faire un effort sur la reconnaissance des compétences acquises en cours de carrière", explique Jacques Monier, qui encourage les promotions internes. Et d’évoquer aussi le fait que "chaque âge peut apporter sa contribution à l’entreprise". Au-delà de l’âge actuel de la retraite ?
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