Transports amoureux

Par DjS, le 09 janvier 2002 à 07h00 , mis à jour le 08 janvier 2002 à 18h36

EXPAT’ – Qu’est ce qui les motive à s’installer loin de la France ? Le boulot, le salaire, les impôts ? Pas du tout. Ce qui leur donne des ailes, à eux, c’est l’amour. Cette semaine, tf1.fr se penche sur ces expatriés de cœur.

couple amoureux © INTERNE

"Le problème, c’est que j’ai rencontré mon futur amour ici à Los Angeles et que je ne veux pas le quitter ". A l’issue d’un stage aux Etats-Unis, une jeune étudiante française appelle les internautes à la rescousse, récemment sur notre forum. Elle envisage de s’installer outre-Atlantique mais s’inquiète : "Trouverai-je un travail dans mes cordes ? Ne serai-je pas toujours considérée comme une étrangère ?". Bien vite sa passion balaye ses doutes : elle ira à L.A. ! 

Qu’on interroge les anciens de HEC expatriés (1) sur les raisons de leur migration et ils vous répondent pêle-mêle : "des revenus plus élevés, moins taxés", "améliorer son déroulement de carrière" ou encore "découvrir d’autres cultures". Mais d’amour, point n’est question. Pas plus que sur notre forum où la réussite sociale semble le principal moteur des expatriations. Encore que…

Anti-américain jusqu'au jour où...

Il y a trois ans, Lorenzo doit brusquement ravaler l’"anti-américanisme primaire" dont il était, de son propre aveu, "un fervent supporter" : Cupidon l'a poussé dans les bras d’une jeune femme de Chicago ! Quelques mois plus tard, il met "pour la première fois de sa vie le pied sur une autre continent : avec un aller simple". "Pas facile de résumer une trentaine d’années de vie dans deux valises mais ça permet d’identifier ce qui est vraiment important", explique le jeune époux.

Nadège, elle, était déjà aux Etats-Unis quand l’amour a frappé à sa porte, il y a deux ans. Mais elle était là pour des vacances de trois mois. "Je cherchais un colocataire car la vie à San Francisco est très chère. J’en ai pris un qui est devenu… mon mari !", sourit la jeune femme qui, pendant plus d’un an, travaillera illégalement pour rester auprès de son époux. "Au début c’était dur d’être partie en vacances et de rester pour de bon, se souvient-elle, mais aujourd’hui, je ne reviendrai pas : tout me paraît lent en France et tout le monde y est assisté. Même si on divorçait, je reprendrais ma valise et explorerais un nouveau pays." (lire la suite en page 2)


(suite de la page 1) Francisco est Mexicain et habite au Etats-Unis depuis 1996. Stéphanie est française mais vivait en Italie, depuis 5 ans. "J’avais émigré à Turin par amour mais cette histoire n’avait pas été très concluante. J’y étais quand même restée car j’avais un bon boulot", explique cette ingénieur. Francisco et Stéphanie travaillaient pour des filiales de la même compagnie et, de conférences en courriers, de voyages d’affaires en mails, surgit l’évidence : "Nous voulions passer le reste de notre vie ensemble". Le couple atterrit non loin de San Diego.

Notre dossier Expat

   
Toques sans frontières

Expatriés mais pas trop loin
   

Stéphanie connaissait les Etats-Unis pour y avoir effectué de courts séjours professionnels. "Ma plus grosse peur était la distance, l’éloignement par rapport à mes parents et ma famille", explique la jeune femme qui, par amour, a dû faire d’autres sacrifices : " Mon nouveau travail est moins intéressant et la vie d’entreprise est très différente de celle vécue en Italie : les gens parlent moins, il y a moins de contacts personnels."

"Sourd et muet"

La langue, la culture, le climat refroidissent parfois les candidats à l’expatriation mais quand le cœur s’en mêle, rien ne paraît impossible. Ainsi Sophia a-t-elle appris le suédois pour pouvoir vivre aux côtés de son ami rencontré au cours d’une formation post-universitaire à Tilburg en Hollande. "Je pensais plutôt partir pour l’Italie et puis… ", se souvient cette consultante financière, dont la maman trente ans plus tôt avait déjà quitté sa Hollande natale pour épouser un Français.

L’expérience est encore plus difficile quand suivre l’âme sœur signifie perdre son boulot. C’est le cas de cet internaute qui pour suivre son amie médecin en Argentine, un pays totalement inconnu, a dû abandonner son métier d’informaticien en France. "Les premiers temps furent très durs. Ne pas parler la langue du pays vous rend sourd et muet, totalement handicapé et dépendant. La moindre tâche devient un calvaire et les gens parlant ne serait-ce que l’anglais sont très rares", témoigne-t-il.

(1) Une étude réalisée par le cabinet Repères

Par DjS le 09 janvier 2002 à 07:00
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