"Les urgences aussi vides que pendant la Coupe du monde"

Par , le 23 janvier 2002 à 13h57 , mis à jour le 23 janvier 2002 à 14h16

Faute de médecins on s'attendait à une affluence record dans les services d'urgence des hôpitaux. A Saint-Louis ce matin, le seul record battu était celui du délai de traitement des malades.

urgence couloir hôpital saint louis © INTERNE

De l'influence des médias ! A force d'avoir mis en garde les éventuels malades d'une affluence exceptionnelle des services des urgences en raison de la grève des "toubibs", ce matin, les salles d'attente des urgences étaient vides, ou presque. "C'est vrai que d'habitude à 9 heures, il y a déjà quatre ou cinq personnes dans la salle d'attente", remarque Nathalie Vandevelde, infirmière en chef aux urgences de l'hôpital Saint-Louis à Paris.

Mais pas de diagnostic prématuré, ce n'est peut-être que le calme avant la tempête. "Les grèves de médecins provoquent généralement une hausse d'affluence de 15% aux urgences", poursuit l'infirmière. "On a connu ça aussi avec chaque coupe du monde de football, explique le docteur Taboulet, chef du service des urgences, pendant les matchs, nos locaux "étaient vides mais dès le coup de sifflet sonné, une trentaine de personnes débarquaient chez nous avec des enfants ou des membres de leur famille malades, parfois trop tard".

Regain de grippes, angines et autres "maladies bénignes"


"D'habitude les grippes et les les angines
nous ne les prenons pas", Corinne à
l'accueil des urgences de l'AP-HP St-Louis-

L'équipe d'urgentistes avait pourtant été renforcée, au cas où : un interne et deux infirmières supplémentaires sont venus grossir les rangs. Des renforts de toute façon nécessaires car un nombre inhabituel, et pour cause, de personnes ayant "seulement" une angine, un début de grippe ou de gastro-entérite, s'est présenté mercredi matin aux urgences. "D'habitude, nous ne les prenons pas, nous les réorientons vers les consultations sans rendez-vous", explique Corinne Jacques André, agent hospitalier à l'accueil des urgences.

Les malades, eux, ne se plaindront sans doute pas du peu d'affluence. C'est le cas de Lucette qui s'est luxée l'épaule. Son médecin traitant était sur répondeur, le cabinet de radiologie déjà complet, elle s'est donc résolue à aller aux urgences de Saint-Louis. "Mais j'ai hésité parce que je n'avais pas envie de patienter 3 heures pour une radio". Résultat, à peine assise, on l'appelle. Un peu plus loin, Falikou est plié en deux dans la salle d'attente complètement vide, terrassé par un mal de ventre. "La dernière fois que je suis allé aux urgences, c'était à Lariboisière et là, j'ai dû attendre de longues heures."

Les urgences sont désertées, mais est-ce bon signe ? "Le problème, c'est que les gens se retiennent peut-être et viendront demain, mais là, nous serons en effectif normal", s'inquiète le docteur Taboulet.

Par Sophie Lutrand le 23 janvier 2002 à 13:57
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