Image d'archives © INTERNEtf1.fr : Pourquoi la Filpac-CGT s’oppose-t-elle à la distribution du quotidien gratuit Metro ?
Jean-Marc Beauvais, secrétaire fédéral de la Filpac : Nous ne sommes pas opposés à cette nouvelle forme de presse. Il existe des conventions collectives, des statuts à respecter qui protègent ceux qui fabriquent les journaux, du journaliste au distributeur. En choisissant d’imprimer au Luxembourg ou dans des imprimeries de labeur, Metro sort de ce système. A l’inverse, Marseille Plus, le gratuit édité par La Provence, est imprimé par les ouvriers du Livre, notre première exigence.
tf1.fr :
Les gratuits affirment être en mesure de séduire de nouveau lecteurs sans en prendre aux médias existants, qu’en pensez-vous ?J. – M. B. : Le développement du lectorat est un aspect positif. Mais si cela doit se faire par le remplacement de titres existants, alors ce n’est pas bon. C’est pourquoi nous pensons qu’il faut adapter la législation sur la presse définie aux lendemains de la Libération pour prendre en compte l’arrivée des gratuits. Nous posons la question des conséquences du développement de la presse financée par la publicité sur les chiffres d’affaires publicitaires des journaux existants. Nous suggérons la création d’un fonds alimenté par les gratuits pour soutenir une autre forme de presse, d’opinion par exemple.
tf1.fr :
Avez-vous été entendus ?J. – M. B. : La ministre de la Culture, Catherine Tasca, a décidé de convoquer tout le monde. C’est pourquoi il n’y aura pas de grève dans la presse lundi prochain. On a l’impression que le problème a été découvert la semaine dernière alors que ça fait huit mois que la CGT frappe aux portes des groupes de presse et des ministères. Nous avons eu le sentiment que les éditeurs attendaient, en se disant que les syndicats agiraient à leur place. Et puis, il y a des divergences entre les patrons sur l’attitude à avoir, certains ont des projets de gratuits. C’est à cause de cette indifférence que nous avons recouru à la violence.
tf1.fr :
Beaucoup de lecteurs vous accusent de corporatisme. D’autres se demandent en quoi l’impression en dehors des imprimeries du Livre est préjudiciable pour le lecteur.J. – M. B. : A court terme, ça ne change rien pour le lecteur et il est vrai qu’il y a un réflexe de défense de la corporation. Mais en exigeant le respect des conventions et des statuts, nous luttons contre la dérégulation totale et contre le dumping publicitaire. La CGT ne veut pas se contenter de négocier les plans sociaux dans cinq ans, elle veut anticiper.
tf1.fr :
Quel sort réservez-vous au Norvégien 20 minutes qui sortira le mois prochain ?J. – M. B. : Il sera logé à la même enseigne, ainsi que tout autre groupe, régional, national ou étranger, qui aurait une démarche identique. Du moins sur la question des statuts car la réforme de fond ne peut se faire immédiatement.
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