Chômage: un répit dû à l'euro

Par , le 28 février 2002 à 09h12 , mis à jour le 28 février 2002 à 09h21

Le nombre de demandeurs d'emploi a diminué de 0,1% en janvier à 2.209.000, pour la première fois après huit mois de hausse. Le passage à l'euro a dopé les embauches temporaires. Sans reprise économique, l'avenir sera plus sombre.

anpe © INTERNE

Il y avait 3100 demandeurs d’emploi de moins en janvier que le mois précédent, ce qui représente une légère diminution de 0,1% en janvier. Avec 2.209.000 chômeurs, la France connaît la première embellie après huit mois de hausse du chômage, selon les statistiques du ministère de l’Emploi. Si l’on s’en remet aux règles de calcul du Bureaux international du travail, le taux de chômage est resté inchangé, à 9% de la population active.

Cette situation est "intéressante mais encore fragile", avoue le ministère de l'Emploi, où l'on se dit "conscient que ce n'est pas une transformation radicale", mais plutôt une "étape de stabilisation". Une stabilisation ou un répit ? La plupart des analystes estiment que les bons chiffres du mois de janvier sont en grande partie dus au passage à l’euro, qui a nécessité un grand nombre d’embauches temporaires. Résultat : à moins d’une reprise économique, le chômage devrait repartir à la hausse dans les mois prochains.

Le gouvernement défend son travail

Autre raison, plus optimiste, à ce léger sursaut : la panique des employeurs aux lendemains de 11 septembre et pour d’autres l’opportunisme ont sans doute incité à licencier plus que de raison. Janvier aurait été le mois de l’ajustement. Le ministère de l’Emploi avance quant à lui deux explications : "l’action d’animation menée depuis plusieurs mois sur l’accès aux formations, le travail vis-à-vis des plus démunis, etc." et "la situation économique, avec des créations d’emplois au 4e trimestre qui étaient meilleures que celle du 3e trimestre".

Rappelant que plus de 900.000 emplois ont été créés depuis 1997, le gouvernement souligne l’évolution à la baisse ces trois derniers mois : + 33.000 chômeurs en novembre, +11.000 en décembre et enfin -3100 en janvier. "C’est quand même quelque chose de significatif", explique-t-on , en se félicitant de la tendance à la baisse du chômage de longue durée. Le nombre de personnes inscrites depuis plus d'un an à l'ANPE est en diminution de 0,8% par rapport à décembre, et le chômage de très longue durée (personnes inscrites à l'ANPE depuis plus de trois ans) diminue de 2,5%. Le nombre de chômeurs de plus de 50 ans se tasse de 1,9%. En revanche, le rang des sans-emploi gonfle de 0,8% chez les jeunes de moins de 25 ans.

Par David Straus le 28 février 2002 à 09:12
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