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Expatriés pour quelques années seulement ou émigrés définitifs, les parents hésitent souvent à rompre tous liens avec le système scolaire français. Certains choisissent purement et simplement l’internat dans l’Hexagone. D’autres optent pour la scolarisation dans le pays d’accueil au sein d’un des 421 établissements appliquant les programmes français. Deux cent trente-cinq mille élèves s’assoient ainsi chaque jour sur les bancs d’une de ces écoles.
A vrai dire, seul un tiers d’entre eux sont de petits Français, le gros des troupes étant constitué d’étrangers fortunés désirant bénéficier d’un enseignement "à la française". C’est que les droits d’inscription sont particulièrement lourds, dès les petites classes. Au lycée français de Tokyo, Philippe Carton paie ainsi 685 € par mois pour la scolarisation de son fils en maternelle. Les droits se situent généralement entre 1800 et 7600 € par an.
Les classes moyennes sur le quai
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Certes, il existe des bourses mais elles sont réservées aux plus démunis, laissant les classes moyennes sur le quai. Sur 250.000 enfants immatriculés auprès des consulats français, 30% seulement suivent les cours dans une école "française" à l’étranger. Les autres sont inscrits dans des écoles privées ou dans le réseau public du pays d’accueil.
Refusant d’immerger son fils dans la culture nippone, Philippe Carton s’est tourné vers un établissement privé de Tokyo qui dispense un enseignement international en anglais. Coût : de 1500 à 17.000 € d’inscription, puis entre 1200 et 1500 € par mois de scolarité selon l’école. François-Xavier Romney et son épouse mexicaine ont aussi choisi un collège privé et payant pour leurs deux petites filles, "car le système public mexicain laisse vraiment à désirer". Mais cet établissement bilingue espagnol – anglais concilie culture locale et internationale.
Sandrine Berger, Française installée dans le Maryland, se félicite quant à elle d’avoir confié sa fillette à une école publique américaine. "Je trouve que cette école a un niveau très élevé - Ils font des fractions au CP ! – et elle est gratuite", explique-t-elle. Autre avantage : l’intégration. "Nous voulons que notre fille fasse partie de la culture du pays dans lequel nous vivons", confie la jeune mère, qui recourt néanmoins aux services du Cned en complément.
L'école locale faute de mieux
Les programmes du Centre national d’enseignement français à distance sont parfois la seule solution dans des régions du globe ne proposant qu’un piètre système éducatif, parfois doublé d’un réseau privé financièrement inabordable. En Côté d’Ivoire, par exemple, plus de la moitié des jeunes Français est scolarisée dans les écoles publiques, faute de mieux.
Cette situation n’est pas unique et participe à la précarisation d’une partie de la communauté française à l’étranger, comme l’a montré un rapport sénatorial récent (1). Des voix s'élèvent aujourd'hui pour réclamer une meilleure assistance financière des parents et, pouquoi pas, la gratuité des collèges français.
(1) L’exclusion sociale dans les communauté française à l’étranger est un rapport rédigé par la sénatrice Monique Cerisier - Ben Guiga, voyez notre article "La misère n'est pas moins pénible au soleil".
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