Etre son propre patron... sans les inconvénients

Par , le 26 septembre 2002 à 18h38 , mis à jour le 11 février 2002 à 18h57

Le portage salarial permet à des cadres d'exercer leur profession comme des indépendants sans toutefois passer par les galères d'une création d'entreprise. En France, le phénomène connaît un véritable essor.

homme travailleur employé deprime fatigue (DR) © INTERNE

 
A 40 ans, Isabelle Huguenin était dans une impasse. 15 ans dans une agence de communication et peu de perspectives d'évolution professionnelle. "J'avais le choix entre créer ma propre agence ou opter pour le portage salarial. Le plus simple pour moi était le portage. Cela m'a évité de perdre du temps à faire les démarches pour créer une entreprise et de mobiliser des fonds", explique la conseillère en communication. Opérationnelle de suite, Isabelle Huguenin est partie avec une partie de sa clientèle.

Depuis quelques années, le portage salariale connaît un véritable essor en France. Le principe ? Les cadres souhaitant devenir indépendants mais hésitant à créer leur propre entreprise peuvent s'adresser à des sociétés de portage. En échange d'une commission sur leur chiffre d'affaires, ces sociétés se chargent des tâches administratives, d'élaborer les contrats, faire les factures, payer les charges patronales, salariales, taxe professionnelle, Urssaf… Le pourcentage de commission varie de 3 à 15% selon le montant de la mission.

"Sur 1000 francs, j'en récupère 500"

"Ce type de société a vu le jour il y a une quinzaine d'années mais connaît un véritable succès depuis 1995", explique Bernard Guyot-Tabet, consultant en création d'entreprises à l'APEC (Agence pour l'emploi des cadres).  Le portage peut ainsi être un tremplin vers la création d'entreprise, sans les risques : une solution intéressante quand on sait que près de 15 millions de Français souhaitent monter leur propre société, selon un sondage publié par l'APCE (Aide pour la création d'entreprise) en janvier.

En 2000, 10 000 personnes ont bénéficié du portage salarial selon un rapport du ministère de l'Emploi et de la solidarité. Aujourd'hui, près de 80 entreprises proposent ce type de service. Ad'Missions emploient 300 personnes "portées", en CDD ou CDI, soit près du double qu'en janvier 2000.

"Si j'étais à mon compte, je gagnerais un petit plus mais tous les jours je devrais m'occuper de paperasses, de l'Urssaf, des diverses charges et finalement je n'aurais plus le temps de faire mon vrai travail", estime Isabelle Huguenin. Avec un chiffre d'affaires annuel de 1,5 million de francs, Isabelle Huguenin récupère 5 à 600 000 francs de salaire net et bénéficie de la protection d'un salarié, indemnité chômage si elle perd son emploi, couverture maladie et une bien meilleure assurance vieillesse que si elle était son propre chef d'entreprise. Bref, le beurre et l'argent du beurre.

Par Sophie Lutrand le 26 septembre 2002 à 18:38
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