© INTERNEtf1.fr : D'habitude, ce sont plutôt les agriculteurs que l'on épingle au sujet de l'utilisation des pesticides. Leur maniement en quantité importante par les "jardiniers du dimanche" est-il un phénomène nouveau ?
Catherine Geslain-Laneelle
(directrice générale de l'alimentation) : Nous étudions le sujet depuis plusieurs années mais c'est vrai qu'il prend une ampleur nouvelle aujourd'hui. On recense à peu près 20 millions de jardiniers amateurs qui à eux seuls consomment entre 5 et 7% des pesticides mis sur le marché. Le marché du jardinage est en pleine expansion et l'utilisation de produits phytosanitaires présentent un risque pour ces personnes ainsi que pour l'environnement.tf1.fr : Quels sont les risques pour ces personnes ?
Catherine Geslain-Laneelle : Si elles ne se protègent pas bien, le maniement de pesticides peut provoquer des réactions cutanées, de l'urticaire, des allergies… Notre but, avec la campagne d'information que lance le ministère de l'agriculture est de faire connaître la mention "emploi autorisé pour les jardins" qui figure sur tous ces produits depuis 1996. Chacun d'eux doit être homologué par un comité d'experts dépendant du ministère de l'agriculture avant d'être mis sur le marché. Cette mention est accordé aux produits qui sont les plus sûrs. Depuis l'adoption de cette mesure, 40% des références ont été retirées du marché.
tf1.fr : Le problème ne vient-il pas du fait que l'on force un peu la dose, notamment sur les engrais ?
Catherine Geslain-Laneelle : de manière générale, il est vrai que les particuliers prennent moins de précaution que les professionnels et les doses figurant sur les notices d'emploi ne sont pas toujours très claires. Il faut un étiquetage pédagogique pour que ces produits soient moins et mieux utilisés. Ce n'est pas parce que l'on en met plus que c'est plus efficace, au contraire. La lutte chimique est nécessaire - quand on a des pucerons sur des rosiers, il n'y a pas d'autres solutions que les produits phytosanitaires - mais doit être raisonnée.
Des affiches et brochures d'information seront disponibles dans les écoles, les collectivités locales, les cabinets de médecins et les associations de consommateurs relaieront l'information. Les personnels des collectivités locales, de la SNCF (qui désherbent le long des voies ) et des hôpitaux, qui pour le moment ne sont soumis à aucun dispositif d'agrément contrairement aux professionnels, devront suivre une formation dans le courant de l'année. |
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