Metro: "Il faut que cessent les agressions"

Par , le 27 février 2002 à 18h57 , mis à jour le 26 février 2002 à 19h18

Le quotidien gratuit ne cessera pas de paraître, explique son porte-parole. Rappelant qu’il respecte les lois, le groupe fustige le comportement indigne des syndicats. Les équipes ont pris leurs quartiers à Paris et Marseille.

Metro quotidien gratuit 18 fév 2002Image d'archives © INTERNE

tf1.fr : Votre groupe est-il prêt à suspendre la parution de Metro en "attendant qu'une étude d'impact soit faite", ainsi que le demande la CGT ?
Jean-Michel Arnaud, porte-parole de Metro :
Nous n’avons pas fait de forcing. Ces trois dernières années, nous avons eu l’occasion de rencontrer tous les acteurs de la presse, en leur faisant des propositions précises. Certains ont cru en notre projet, comme France Soir. Nous avons aussi discuté avec les syndicats avant la parution. Nous avons même accepté de postposer la sortie de Metro du 11 février au 18 février à leur demande. Or, rien ne s’est passé durant cette semaine. Suspendre la parution ne servirait à rien sauf à déstabiliser notre lectorat qui ne trouverait pas notre quotidien aux points de distribution habituels.

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Les exigences de la CGT
Comment étouffer les gratuits?
     

tf1.fr : Les syndicats demandent que vous respectiez les "règles du métier" et, notamment, que vous recouriez aux presses du Livre pour imprimer Metro. Répondrez-vous à cette exigence ?
J.-M. A. :
Je tiens d’abord à souligner que Metro est fabriqué, imprimé et distribué dans le respect des lois en vigueur. Concernant les "règles du métiers", notre groupe a conscience qu’il s’inscrit dans des caractéristiques locales et est prêt à en discuter. Encore faut-il que les acteurs se déterminent ! Pour la distribution, nous avons fait des propositions aux NMPP mais nous attendons toujours leur réponse. Pour l’impression, un accord est conclu avec France Soir pour imprimer à Aubervilliers mais les syndicats nous en empêchent. C’est pourquoi nous allons au Luxembourg. A Marseille, nous avons un contrat avec RotoSud, une filiale de Spir, qui n’est elle-même qu’une filiale de Ouest-France.

tf1.fr : Donnerez-vous des suites judiciaires aux actions menées contre votre groupe ?
J.-M. A. : Outre les plaintes individuelles déposées par des distributeurs molestés, le groupe portera plainte contre ceux qui entravent la parution de son titre. Nous envisageons également de porter l’affaire devant les instances européennes. Il s’agit d’une entrave aux libertés d’expression, de presse et d’entreprendre. Il faut que les agressions cessent. Ce type d’action n’est pas digne d’un syndicat en 2002.

tf1.fr : La Filpac-CGT réclame également une table ronde pour redéfinir les règles régissant la presse après l’arrivée des gratuits ? Elle suggère la création d’un fonds de soutien aux médias. Participerez-vous à ce débat ?
J.-M. A. : Le problème c’est Metro, ce n’est pas la presse gratuite. Preuve en est que MarseillePlus, le quotidien gratuit du groupe Hachette, sort chaque jour sans être dérangé. Qu’on ne vienne pas dire qu’il est imprimé sur les presses de La Provence et pas nous : nous avons demandé aux groupes de presse locaux s’ils étaient intéressés par notre projet et ils ont dit ‘non’. La vraie question est : pourquoi Metro, 3e éditeur de presse au monde, et demain 20 minutes ne peuvent-ils pas entrer dans le club fermé des médias français ? Quant au fonds de soutien, nous sommes prêts à ouvrir le débat, mais pas sous la contrainte physique.

tf1.fr : Quel est l’état de vos troupes ? Quelle est votre stratégie ?
J.-M. A. :
Après Paris et Marseille, nous avons l’intention de nous développer à Lyon, Lille, Bordeaux ou Strasbourg, des villes où le marché publicitaire local est suffisant. Si l’équipe de lancement ne comprenait que 5 à 6 personnes, nous occupons désormais une quarantaine de personnes, françaises ou européennes, réparties entre le quartier de l’Opéra à Paris et Marseille.

Par David Straus le 27 février 2002 à 18:57
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