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tf1.fr : Dans un rapport remis à Lionel Jospin en 1999, vous tordez le cou au mythe de 
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Monique Cerisier-ben Guiga : Non, ce n'est pas nouveau mais on ne veut pas voir ces Français. D'ailleurs les hommes politiques n'ont guère l'occasion de les rencontrer. Quand ils vont à l'étranger, ils sont reçus à l'ambassade avec des petits fours et la "communauté française" qu'on leur présente est tout sauf représentative. Il est d'autant plus difficile de connaître ces Français qui sont dans la misère que nous n'avons aucune donnée chiffrée. Il faudrait que les hommes politiques comprennent que 2 millions de Français vivant à l'étranger dont 40 000 en difficultés, ce n'est pas rien.
tf1.fr : Comment se caractérise l'exclusion des ressortissants français ?
M. C-B : J'ai commencé à m'intéresser à la communauté française à l'étranger quand je suis arrivée en Tunisie en 1969 comme professeur de Lettres. C'est là que j'ai rencontré des personnes âgées seules, des femmes divorcées avec des enfants et sans aucun revenu mais aussi des personnes qui ont fait de mauvaises affaires. Depuis que je suis sénateur, je voyage beaucoup et j'observe la même situation partout. Qu'il y ait des Français dans le besoin n'est pas anormal, c'est aussi le cas sur le territoire national, ce qui l'est, c'est que l'on n'essaie pas d'y remédier.
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tf1.fr : Si les espoirs de vie à l'étranger sont déçus, pourquoi ne pas rentrer puisque le rapatriement en cas d'indigence est prévu par l'Etat français ?
M. C-B : Il faut savoir que l'exclusion sociale concerne essentiellement des Français vivant en Afrique ou en Amérique, depuis longtemps et même parfois depuis des générations. Rentrer en France serait une nouvelle immigration. D'autre part, les rapatriements coûtent extrêmement cher, environ 135 000 francs pour une famille avec deux enfants. Et puis pour parler franchement, pour être rapatrié, mieux vaut être un Arménien chrétien qu'un Sénégalais musulman.
tf1.fr : Que fait le gouvernement pour les aider ?
M. C-B : Jusqu'en 1984, l'Etat se contentait de financer des associations de charité. Depuis, des comités consulaires d'aide sociale ont été mis en place ainsi qu'un système d'allocation allant de 800 francs à Madagascar à 3400 francs aux Etats-Unis. 4000 Français ont ainsi pu sortir de la misère.
tf1.fr : Dans votre rapport, vous demandiez une hausse des crédits d'aide sociale (de 110 à 150 millions de francs) et de l'aide à la formation professionnelle (5 à 10 millions) entre 2000 et 2005. Avez-vous été entendue ? 
"Il est assez facile et peu onéreux
de soigner ceux que j'appelle
les "éclopés de la mobilité"
M. Cerisier-Ben Guiga-
M. C-B :
Non, nous n'avons pas vraiment avancé. Sauf pour la couverture sociale. Le gouvernement va contribuer aux cotisations maladies des Français de l'étranger qui en ont besoin pour un montant de 95 millions de francs. Cela va permettre à 25 000 adhérents de la caisse maladie des Français de l'étranger de cotiser en fonction de leurs revenus.Mais nous devons franchir une nouvelle étape : en 1984 nous sommes passés de la charité à la solidarité nationale, aujourd'hui je voudrais que l'on passe à l'action sociale. Pour cela il faut en effet un peu augmenter les budgets mais surtout recruter du personnel qualifié. A Madagascar par exemple, nous avons utilisé l'allocation d'insertion sociale pour permettre à des jeunes adultes d'accéder à une formation. Il est assez facile et peu onéreux de soigner ceux que j'appelle les "éclopés de la mobilité". Le minimum pour vivre à Madagascar n'est pas le même qu'en France.
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