© INTERNELa tornade Enron provoque déjà des changements drastiques au sein des fameux "big five", les cinq cabinets d'audit et de conseil géants qui font autorité auprès de tous les grands groupes. Théoriquement, la rigueur voudrait que ces activités soient bien distinctes mais là comme ailleurs, la concurrence fait rage et quand un client s'avère source de dizaines de millions par an, les champions de l'audit font tout pour générer du chiffre d'affaire sur les deux tableaux.
Le cas d'Andersen qui a facturé à Enron 27 millions de dollars pour ses services de conseil, et 25 millions pour l'audit comptable en 2001, surfant ainsi sur d'évidents conflits d'intérêt, est symptomatique de la dérive de toute une profession. Les auditeurs d'Andersen ont déjà avoué avoir détruit des documents relatifs à Enron, alors que de multiples enquêtes étaient en cours sur les pratiques comptables du courtier en énergie. L'affaire va ainsi basculer de la rubrique "business" à la page judiciaire.
Du changement et vite…
Conscients du danger, bien avant l'implosion du groupe Enron, les cabinets Price waterhouse Coopers et KPMG avaient déjà annoncé qu'ils prévoyaient de séparer leurs activités de conseil de l'audit, puis respectivement, de les introduire en bourse et de les vendre. Un peu plus tardivement, poussés par le scandale Arthur Andersen et Deloitte leur emboîtent le pas, malgré le fait que le conseil pèse près d'un tiers des revenus pour Deloitte.
En France Le ministre de l'Economie et des Finances Laurent Fabius a indiqué jeudi que des dispositions devaient être prises afin d'accroître la transparence des activités d'audit, à la lumière de la banqueroute de Enron. A la commission des opérations de bourse (COB), on se veut rassurant, et, selon Gérard Rameix, son président, "un scandale du type Enron est, a priori, peu probable" en France. La loi française interdit en effet, sous peine de poursuites pénales à un auditeur de s'immiscer dans la préparation des comptes qu'il aura à vérifier et d'accepter des missions de conseil portant atteinte à son indépendance", ce qui est précisément reproché au cabinet d'audit Arthur Andersen, qui a "été juge et partie" dans le cas d'Enron.
Au regard de toutes ces déclarations, on ne peut nier la volonté des sociétés de conseil de faire le ménage dans des pratiques douteuses. Néanmoins, force est de constater qu'il aura fallu une faillite colossale doublée de 21 000 licenciements pour que les changements soient mis en place.
Photo AFP : John Olson, Thomas Bauer, Associés gérants de Arthur Andersen. Jeffrey McMahon President de Enron. Jordan Mintz / Dr juridique de Enron prêtent serment devant la commission d'enquête du congrès à Washington.
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