Zéro pointé européen à la politique économique française

Par , le 23 février 2002 à 17h55 , mis à jour le 22 février 2002 à 18h02

Rendre le travail plus intéressant que le chômage, réformer le système des retraites de toute urgence, conformer les prévisions budgétaires à la réalité économique et accepter les règles de la concurrence européenne, voilà les quatre exigences de Bruxelles à l’égard de la France.

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La Commission européenne a tancé la France jeudi pour sa politique de l’emploi et celle des retraites, notamment. Elle l’accuse aussi de renâcler à ouvrir son marché à la concurrence étrangère. Dans son rapport sur la mise en œuvre des grandes orientations des politiques économiques, Bruxelles donne quatre devoirs de rattrapage au prochain gouvernement français. De quoi animer les débats de campagne.

Inciter au travail
Tout en reconnaissant les fortes créations d’emplois ces dernières années, la Commission déplore les mauvais chiffres du chômage, en particulier chez les travailleurs les plus âgés. Bruxelles pointe le régime de retraites qui favorise les départs anticipés. "De plus, remarque la Commission, la fiscalité et le système social incitent peu les travailleurs à bas salaires à trouver un emploi et à le conserver". Enfin, l’Union demande qu’un effort soit fait sur le chômage structurel, très élevé en France.

La Commission souhaiterait plus de flexibilité sur le marché de l’emploi et de meilleures capacités d’adaptation. Or, constate-t-elle, Paris vient d’adopter des lois anti-licenciement, augmentant la protection des travailleurs.

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Le rapport de la Commission
    

Réformer le système des retraites
Le fonds de réserve pour les pensions est la seule mesure prise par Paris pour faire face au papy boom. C’est insuffisant, estime la Commission qui exhorte la France à réaliser la réforme du système des retraites depuis trop longtemps reportée.

Contrôler les dépenses publiques
A ce sujet, la Commission attire l’attention sur trois points : l’évolution des dépenses de santé et de la masse salariale dans le secteur public, ainsi que le divorce entre les prévisions budgétaires et la réalité économique, notamment l’inflation.

S’ouvrir à la concurrence
La Commission s’irrite du manque de volonté de Paris à ouvrir les marchés du gaz et de l’électricité à la concurrence. Plus généralement, Bruxelles rappelle que la France est avant-dernière dans la transposition des directives du marché unique et qu’elle détient le record des infractions au droit communautaire portées devant la Cour européenne.

En revanche, la Commission se félicite du comportement des Quinze qui ont su affronter le ralentissement économique sans laisser filer les déficits publics et qui ont réussi à contenir l'inflation, notamment en empêchant une explosion des salaires. La France s'illustre en particulier par le maintien de la consommation des ménages.

Par David Straus le 23 février 2002 à 17:55
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