Arthur Andersen tente de se vendre au plus offrant

Par S.L, le 12 mars 2002 à 16h51 , mis à jour le 11 mars 2002 à 17h19

Deloitte and Touche et Ernst & Young sont sur les rangs. Ebranlé par le scandale de l'affaire Enron, le cabinet d'audit financier Arthur Andersen négocie cette semaine une reprise de ses activités par l'un de ses deux principaux concurrents.

arthur andersen deloitte logos © INTERNE

La seule issue pour le cabinet d'audit comptable américain Arthur Andersen, se faire racheter ou disparaître. L'information publiée par le New York Times lundi matin a été corroborée par une "source proche du dossier", selon l'expression consacrée. Arthur Andersen,  en pleine tourmente avec le scandale de la faillite d'Enron, discute avec son concurrent Deloitte Touche Tohmatsu d'une possible fusion ou vente d'une partie de ses activités. Andersen et Deloitte figurent parmi les cinq grands cabinets d'audit dans le monde. Dans le même temps, Arthur Andersen discuterait également avec un autre de ses concurrents, Ernst & Young, selon le Financial Times.

Selon les schémas étudiés, les activités d'Andersen aux Etats-Unis se mettraient sous la protection de la loi sur les faillites. Le partenaire choisi pourrait racheter les actifs américains d'Andersen, ce qui lui donnerait des moyens financiers pour régler les demandes d'indemnisation auquel il va faire face, selon le FT. Les associés américains d'Andersen travaillent d'arrache-pied pour annoncer un accord avec l'une des deux sociétés d'ici deux jours, indique le quotidien qui ne cite pas de sources. Un accord réduirait à quatre le nombre des grands cabinets d'audit mondiaux, ce qui suscite l'inquiétudes des autorités de régulation européennes et américaines, relève le quotidien économique.

Le cabinet Andersen est au coeur du scandale de la faillite du courtier en énergie Enron et doit faire face à une fuite de ses clients et à des poursuites judiciaires. Arthur Andersen est soupçonné d'avoir caché les malversations comptables qui ont mené le courtier Enron à la faillite. Le cabinet a également reconnu que certains de ses employés avaient détruit sciemment des milliers de documents concernant les comptes d'Enron alors que les autorités fédérales avaient annoncé l'ouverture d'une enquête.

Les clients prennent la poudre d'escampette

L'entité américaine d'Arthur Andersen assiste impuissante à l'hémorragie de son carnet de clientèle. Elle a perdu en fin de semaine dernière deux gros clients avec la compagnie aérienne Delta Airlines et la firme Freddie Mac. Un peu plus tôt, la banque SunTrust Bank, le groupe chimique Merck & Co. et la société de capital-risque Harris & Harris, la compagnie américaine et le géant des prêts hypothécaires avaient également rompu leurs contrats avec Arthur Andersen.

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Par S.L le 12 mars 2002 à 16:51
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