Bush déclare la guerre de l'acier

Par DjS, le 06 mars 2002 à 17h17 , mis à jour le 05 mars 2002 à 17h26

Le président des Etats-Unis a annoncé ce mardi une taxation jusqu'à 30% des importations d'acier en provenance de certains pays et l'instauration de quotas. Ce repli protectionniste suscite l'ire de l'Union européenne et du Japon.

acier, métallurgie, fusion usinor © INTERNE

La guerre de l’acier aura bien lieu. Ainsi en a décidé George W. Bush qui a annoncé comme prévu mardi une taxation de certaines importations d’acier aux Etats-Unis et l’instauration de quotas. Ces droits iront de 8 à 30% et seront en vigueur dès le 20 mars pour une durée de trois ans. "Cette mesure soutiendra les ouvriers de la sidérurgie et les communautés qui en dépendent et permettra à l'industrie de l'acier de s'adapter sans nuire à notre économie", a-t-il expliqué dans un communiqué.

 
   

"J'ai décidé que les importations affectaient sévèrement notre industrie et avaient un impact négatif (...). Nous sommes une nation pratiquant le libre commerce mais pour pouvoir continuer à le rester nous devons aussi faire appliquer la loi (…). C'est un remède autorisé par l'OMC. C'est aussi ce qui est prévu par nos lois et j'entend qu'elles soient respectées."
  

 
Le président a cédé à la pression des sidérurgistes américains. Ceux-ci accusent leurs concurrents étrangers de brader les prix et d’être à l’origine de la faillite d’une trentaine d’aciéristes aux Etats-Unis depuis 1997. En revanche, en fermant les portes à un acier moins coûteux, George W. Bush s’est attiré l’ire des industries consommatrices à l’intérieur du pays et dont la situation économique n’est pas plus glorieuse.

L'Union européenne au créneau

En se claquemurant dans sa forteresse, l’Amérique ouvre un nouveau conflit avec ses partenaires commerciaux, à commencer par l’Union européenne qui a aussitôt annoncé qu'elle déposerait une plainte devant l'Organisation mondiale du Commerce. Le Japon, particulièrement lésé au même titre que la Corée du Sud, a menacé de faire de même et Moscou se prépare à des représailles.

Les frontières ne seront pas fermées pour tous. Les importations en provenance des pays en développement ne seront pas concernées, pas plus que celles en provenance du Mexique et du Canada, les deux partenaires des Etats-Unis au sein de l'Accord de libre-échange nord-américain.

Par DjS le 06 mars 2002 à 17:17
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