La France perd ses actifs

Par , le 26 mars 2002 à 18h38 , mis à jour le 25 mars 2002 à 18h50

En 2050, la France comptera autant d'actifs qu'en ... 1980. L'Insee publie une étude montrant que la population active française connaîtra un pic jusqu'en 2006 avant de commencer une lente décrue.

enfants © INTERNE

La France vieillit, et à ce train-là, en 2020, elle comptera 750 000 actifs en moins. Une solution pour le chômage mais certes pas pour les retraites. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publie aujourd'hui une étude démographique mettant en évidence le retournement progressif du nombre de personnes travaillant en France au cours des 20 prochaines années. La population active devrait continuer à augmenter jusqu'en 2006 où elle atteindra son maximum avant d'entamer une décrue.

Début 2001, la France comptait 26,4 millions d'actifs au sens du BIT, soit 24,1 millions de personnes ayant un emploi et 2,3 millions de chômeurs, rappelle l'Insee. Après avoir augmenté de 1,4 million de personnes en dix ans, le rythme de croissance de la population active française devrait donc ralentir d'ici à 2006. A cette date, les baby-boomers, plus très verts arriveront massivement à l'âge de la retraite. Les premières années, ce seront 30 000 actifs en moins puis le rythme s'accélèrera pour atteindre 80 000 personnes en moins à partir de 2025.

Deux inconnues : l'immigration et la natalité

En 2050, la baisse cumulée pourrait atteindre 2,8 millions de personnes, "la population active retrouvant alors son niveau du début des années quatre-vingt", poursuit l'Insee. Parallèlement, "le rapport entre actifs et inactifs de 60 et plus chuterait progressivement de 2,2 en 2001 à 1,5 en 2020, et continuerait à baisser par la suite", précise l'Insee.

Cette étude s'appuie sur des comportements démographiques et d'activité observés par le passé. L'Institut de la statistique assure ainsi que la diminution de la population active au cours de prochaines années "pourrait être retardée et atténuée par une remontée de l'activité" des femmes, des salariés âgés et des plus jeunes, ainsi qu'une amélioration du contexte économique et "un cadre institutionnel plus incitatif". De même, une augmentation du niveau de l'immigration aurait des effets immédiats sur l'évolution de la population active, souligne l'Insee. En revanche, une augmentation ou une baisse de la fécondité en France n'aurait d'influence qu'au-delà de 2020.

Par Sophie Lutrand le 26 mars 2002 à 18:38
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