La guerre des gratuits reprend

Par F.A., le 14 mars 2002 à 18h30 , mis à jour le 14 mars 2002 à 18h41

A la veille de la possible publication à Paris de "20 minutes", un nouveau quotidien gratuit, la CGT a lancé une opération anti-"Métro". 200 000 exemplaires ont été détruits.

exemplaires metro © INTERNE

200 000 exemplaires de Métro jonchant les rues de Paris, un camion intercepté, un membre du syndicat du livre du CGT en garde à vue, la sortie du Monde retardée de deux heures. La guerre des gratuits a bel et bien repris ce jeudi. Et elle pourrait s’amplifier dès vendredi avec l’arrivée possible dans ce capharnaüm de  20 minutes, un autre quotidien distribué à titre gracieux aux Franciliens.

La rue du Quatre Septembre jonchée de Métro

Tout a commencé avec une action spectaculaire de plusieurs centaines de militants du Livre CGT. Dans la matinée, ils ont dispersé, rue du Quatre Septembre, environ 200.000 d'exemplaires de Metro. En l'espace de quelques minutes, la chaussée s'est retrouvée jonchée d'un épais tapis de journaux entre le siège de l'Agence France-Presse, place de la Bourse, et la place de l'Opéra, à proximité du siège de Metro, ralentissant la circulation automobile.

Selon le syndicat, ces exemplaires provenaient de plusieurs "interceptions" de camions effectuées ces derniers jours. Les journaux, entreposés dans des lieux tenus secrets, ont été transportés à bord de véhicules particuliers qui se sont immédiatement dispersés après l'opération. "Le but est de montrer à Metro qu'on est sur le qui-vive, on va durcir le ton" explique le Livre CGT en promettant d'autres opérations similaires dans les prochains jours, tant qu'un accord sur la distribution du journal  ne serait pas trouvé à Paris.

"Ce sera pareil avec 20 minutes"

Un peu plus tôt, c'est un camion acheminant vers Paris entre 15 000 et 20 000 exemplaires du quotidien qui avait été immobilisé sur l'autoroute A 4 à hauteur de Noisiel (Seine-et-Marne) avant d’être vidé de son contenu. Lors de l’opération, un militant CGT a été interpellé puis placé en garde à vue. C’est Le Monde qui en a fait les frais. La diffusion du quotidien de soir a été retardée de deux heures en protestation.

Dès vendredi, la bataille pourrait reprendre, cette fois, avec le premier numéro de 20 minutes, un autre quotidien gratuit. Selon Le Figaro, 20 minutes devrait sortir vendredi avec 300.000 exemplaires imprimés sur les rotatives de Quebecor à Torcy. La direction s’est refusée à confirmer l’information. Mais elle a convoqué les journalistes à une conférence de presse qui se tiendra vendredi matin. Le syndicat du livre a déjà prévenu : "Ce sera la même chose qu’avec Metro, peut-être pire".

Par F.A. le 14 mars 2002 à 18:30
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