Non à la libéralisation des marchés énergétiques

Par Gérard RANSAY, le 06 mars 2002 à 07h00 , mis à jour le 05 mars 2002 à 19h25

Coup de théâtre à la réunion des ministres européens de l'Economie : la France a bloqué mardi l'adoption d'un compromis sur la mise en place d'un calendrier des étapes d'une libéralisation des marchés de l'énergie.

éolienne vent énergie électricité © INTERNE

L'objet principal de la réunion mensuelle des ministres européens de l'Economie a été l'examen des orientations de politique économique en vue du sommet de Barcelone qui se tiendra à la mi-mars. L'objectif consistait à se mettre d'accord sur un document commun préparé par la présidence espagnole et devant être soumis aux chefs d'Etat des Quinze. Force est de constater que les réformes structurelles à entreprendre dans le secteur de l'énergie restent sources de frictions. Le sujet est particulièrement sensible pour la France, en pleine campagne électorale, qui estime que le principe de service public n'est pas suffisamment garanti par les textes européens en ce qui concerne la distribution de gaz et d'électricité.

Des points de vue totalement opposés

Concernant la libéralisation du marché de l'énergie, le son de cloche est très différent du coté des trois membres nordiques de l'UE. Et Goeran Persson, le premier ministre suédois de renchérir : "nous sommes plusieurs pays ayant libéralisé nos marchés énergétiques, et nous voulons nous y tenir. Mais si nous voyons que dans nos marchés libéralisés nous avons affaire à des compagnies qui font des bénéfices immenses sur leur marchés protégés et les utilisent pour se poser en concurrents nous avons un problème". Même raisonnement du Finlandais Paavo Lipponen qui compare la situation actuelle (de grands marchés comme la France avec EDF restent des monopoles tandis que les petits marchés nordiques sont ouverts à la concurrence) à un match entre un grand et un petit boxeur, dans lequel le petit devrait en plus avoir un bras attaché dans le dos.

L'image est forte, et si la plupart des ministres pensent que "des marchés efficaces, des investissements dans l'éducation et des systèmes de protection sociale viables sont facteurs de progrès", les divergences sur des points important devraient peser sur le sommet de Barcelone le 15 et 16 mars prochain.

Par Gérard RANSAY le 06 mars 2002 à 07:00
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