© INTERNEPour les organisateurs, la manifestation de ce dimanche est allée au-delà de toute espérance. C'est "plus qu'un succès, un immense succès", s'enthousiasmait le président de l'Unof, Michel Chassang, peu avant que soit donné l'ordre de dispersion. Selon les divers syndicats participants, ce sont pas moins de 50.000 professionnels de la santé (les estimations de la police, nettement plus modestes, font état de 13.000 participants) qui ont défilé dimanche dans les rues de Paris aux cris de "la santé avant tout". Ils réclamaient une réouverture des négociations... et surtout, une intervention du gouvernement pour mettre fin au malaise de la santé française. Beaucoup dénoncent en effet les risques de "dérive à l'anglo-saxonne" et craignent la rapide dégradation d'un système français de santé pourtant aujourd'hui reconnu comme l'un des meilleurs au monde. Lire aussi L'interview de Michel Chassang, président de l'Unof
"Actions futures"
La principale revendication exprimée ce dimanche (la hausse du tarif des consultations des médecins généralistes à 20 euros) n'est en fait que la pointe de l'iceberg. Derrière, ce sont bien d'autres demandes qui se profilent, et pas seulement d'ordre financier... Ce qui explique pourquoi la manifestation, qui devait initialement voir défiler les seuls médecins généralistes, a été élargie à tout le secteur de la médecine libérale. Les dentistes étaient aussi présents à l'appel de la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) car les "soins dentaires sont sous-payés", les kinésithérapeutes (SNMKR) défilaient eux contre leurs charges trop lourdes "55 %" et les infirmières libérales, qui "ne veulent plus prendre toutes les misères du monde en charge", étaient aussi présentes à l'appel de l'Onsil. Tous se sont retrouvés à partir de 13 heures place Vauban, dans le VIIe arrondissement de la capitale, pour défiler en direction de la place de la Bastille où le cortège s'est dispersé vers 17h30.
Mais les organisateurs annoncent d’ores et déjà d’autres actions… Claude Maffioli, président de la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français) affirmait avant même la manifestation que "ce 10 mars s'inscrira dans une stratégie de manifestations d'un large mécontentement, ce ne sera ni la fin ni le point d'orgue du mouvement mais le passage vers d'autres actions futures". Talonnée par la mise en place progressive de l'accord du 24 janvier, l'Unof, branche généraliste de la puissante CSMF, est par ailleurs poussée par la surenchère des médecins spécialistes, dans un mouvement qu'elle avait pourtant lancé avec les semaines "Santé morte" de décembre 1999.
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