Qu'est-ce qu'il y a dans ton panier ?

Par , le 19 avril 2002 à 17h34 , mis à jour le 18 avril 2002 à 18h07

Chaque mois, l'Insee publie les chiffres de l'inflation après avoir relevé 200 000 prix. Un indice utile aux économistes, rétorquent les associations de consommateurs, mais peu parlant pour le consommateur lambda. Depuis, elles établissent elles-mêmes des indices de prix.. à leur façon.

euro magasin course étiquette rayons © INTERNE

Le panier de la ménagère c'est un peu comme le pudding : on en a une idée générale mais on n'en connaît pas la composition précise. Chaque mois sont publiés les chiffres des prix à la consommation par l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques). Le passage à l'euro a vu fleurir une kyrielle d'études de prix effectuées par des associations de consommateurs. Est-ce à dire que les chiffres de l'inflation publiés par le vénérable Insee sont jugés peu convaincants ?

"C'est un outil utile pour les économistes mais pour nous, consommateurs, il n'est pas du tout révélateur", estime Michel Ebran, directeur du service enquête à l'UFC-Que choisir. Plusieurs associations de consommateurs ont depuis longtemps créé leur propre panel de produits révélateur, selon eux, de l'évolution des prix. Ces enquêtes ont été particulièrement remarquées lors du passage à l'euro.

Une démarche intéressée ?

L'étude de l'UFC-Que choisir a débuté en novembre 2000 et observe les prix de 54 produits de grande consommation dans 1075 magasins. Cette liste de produits est établie à partir de sondages effectués à la sortie des supermarchés auprès des consommateurs. "Nous faisons de nouveaux sondages tous les deux ans environ", précise Michel Ebran. A la CLCV (Confédération du logement, de la consommation et du cadre de vie), les produits pris en compte dans le panel ont été choisis à la suite d'une réunion interne où chacun a fait part de ses propres achats quotidiens.

Entre novembre 2000 et novembre 2001, l'étude de l'UFC montre une augmentation des prix de 4%, une fois l'inflation de 1,8% déduite. "Ces associations de défense des consommateurs veulent mettre la pression sur les distributeurs : leur intérêt est de montrer qu'il y a des hausses de prix", relève Thierry Lacroix, chef adjoint de département à la division des prix à la consommation.

Balles de golf et préservatifs

"On n'achète peut-être
une voiture que tous
les 10 ans mais au moment
de l'achat, on le sent passer", rétorque l'agent de l'Insee.

Loin de la polémique, Frédérique Pfrunder, chargée de mission à la CLCV explique qu'il ne s'agit pas de remettre en cause les données de l'Insee "mais ce n'est plus un panier, c'est tout ce qui est à vendre, y compris ce que l'on achète qu'une fois tous les 10 ans". "Nous ce que l'on veut c'est l'évolution du prix du Caddy ®", ajoute Michel Ebran.

"On n'achète peut-être une voiture que tous les 10 ans mais au moment de l'achat, on le sent passer", rétorque l'agent de l'Insee. Ce dernier s'interroge d'ailleurs sur la méthode utilisée par les associations de consommateurs. Les prix de l'essence ou des produits frais jouent un rôle déterminant sur le cours de la vie mais ces derniers ne sont pas pris en compte dans le panier de la ménagère tel qu'il est imaginé par les associations de consommateurs.

D'un autre côté, on reproche à l'Insee d'inclure des produits non représentatifs tels que les balles de golf; "c'est faux, les balles de golf ne font pas partie du panel. On prend souvent l'exemple de l'absence des préservatifs pour démontrer que nos chiffres ne sont pas complets : or les préservatifs en font partie", explique Thierry Lacroix. Pour le reste, mystère, la liste des 200 000 prix relevés chaque mois par l'Insee est tenue secrète.

Par Sophie Lutrand le 19 avril 2002 à 17:34
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