Jean Marie Messier reste aux commandes

Par Gérard RANSAY, le 25 avril 2002 à 21h03 , mis à jour le 24 avril 2002 à 21h10

La tempête gronde mais le capitaine semble résister au choc. Au cours de l'Assemblée des actionnaires de Vivendi Universal, son PDG Jean-Marie Messier a en effet affirmé mercredi, qu'il était "solidement à la barre" du groupe.

Une semaine à haut risque pour Jean Marie Messier © Manreo

Le monde de la communication avait l'œil rivé sur le Zénith mercredi après-midi. Les salariés de Canal Plus, et des actionnaires minoritaires avaient promis d'exprimer leur mécontentement à la direction du groupe Vivendi Universal. Las, l'Assemblée générale s'est pourtant déroulée sans grande surprise malgré les sifflets ponctuels et quelques cris "Messier démission".

Après une intervention du directeur financier de VU Guillaume Hannezo sur la "bonne santé" du groupe, JM Messier a loué le travail d'Agnès Touraine, qu'il a nommé le jour même directeur général délégué en charge de l'Europe et de Philippe Germond, nommé directeur général délégué en charge de la distribution et des technologies. Autre déclaration de poids, concernant le sort du pôle environnement (propreté, eau, énergie et transport), JM Messier a affirmé qu' une opération sur cette partie du groupe" n'est pas à l'ordre du jour" et qu'il "reste président du conseil de surveillance de Vivendi Environnement"

Cette volonté affichée de renforcer le management opérationnel du groupe n'a pas suffi à faire taire les déçus du cours de l'action Vivendi Universal (VU) qui a fortement reculé depuis le début de l'année. A ce propos JM Messier a souligné que le "titre pâtissait de la poursuite de la baisse des valeurs technologiques en 2002, et que VU était "un groupe complexe qui a enregistré des changements de normes comptables, puis souffert de "rumeurs et interventions de fonds spéculatifs"

Des "bonus indécents" distribués aux dirigeants

Mécontents de la baisse de leurs actions VU, les actionnaires minoritaires, et en particulier ceux représentés par l'association, ADAM, reprochent également à M Messier un salaire trop important (2,38 millions d'euros, net après impôts plus 125 000 euros de mandats d'administrateur) au vu des résultats, et surtout une politique trop généreuse de "Stock-options" aux cadres dirigeants.

A cette attaque personnelle JM Messier avait rétorqué par avance en affirmant qu'il réinvestirait "dès demain" son bonus 2001 en titres Vivendi Universal et qu'il avait recommandé à son conseil d'administration de ne pas lui distribuer d'options de souscription d'actions (stocks options) en 2002, si le cours de l'action ne revenait pas en septembre en septembre à son niveau de début d'année "aux alentours de 60 euros". En tout cas, J2M a indiqué que le groupe allait "certainement" convoquer une nouvelle assemblée extraordinaire pour que la résolution sur les stock-options soit adoptée ultérieurement, "dans la mesure où le groupe ne peut pas attirer les talents" sans cet outil de motivation.

On le voit, même si JM Messier restera probablement à la barre du navire Vivendi Universal dans les mois à venir, il ne fait aucun doute que la perte abyssale de 13,6 milliards d'euros en 2001, la tempête "Canal Plus" encore en cours, et les interventions des actionnaires minoritaires seront autant d'obstacles de taille à négocier.

Par Gérard RANSAY le 25 avril 2002 à 21:03
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