Loin du fisc

Par avec TF1, le 10 avril 2002 à 16h39 , mis à jour le 09 avril 2002 à 16h58

EXPAT – Les impôts et des lourdeurs administratives ont fait fuir plusieurs entrepreneurs français. Certains n’ont délocalisé qu’une partie de la production, d’autres ont décidé de refaire leur vie à l’étranger. Le JT de TF1 a recueilli des témoignages en Espagne et en Irlande.

trésor public enseigne impôts bercy (TF1) © INTERNE

 

Raymond Mitjavila est un P-DG français à la tête d’une entreprise en très bonne santé. Sa première fonderie, il avait choisi de l’installer dans les Pyrénées-Orientales au début des années 70. Mais depuis, les nouvelles implantations se sont plutôt faites de l’autre côté de la frontière, en Espagne, puis au Portugal.

 

Ce sujet de
Brigitte Garambois
est tiré du 13 heures
du 8 avril 2002
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"On a décidé de délocaliser la fonderie de Rivesaltes en 1977 lorsque les coûts de production sont devenus trop importants en France", déplore-t-il. "Si on fait un comparatif, on constate grosso modo qu’une pièce qui coûte 30 francs (4,47€) au Portugal, coûte 60 francs (8,94€) en Espagne et 90 francs (13,72€) en France", explique-t-il.

Lourdeurs administratives

 


    

Cet entrepreneur a la conviction qu’il lui est plus facile de créer des emplois à l’étranger, à Figueras par exemple où se trouve une de ses usines espagnoles. "Si on était installé en France, on n’existerait peut-être plus aujourd’hui", estime-t-il. Son problème ? La fiscalité. S’il reconnaît que l’impôt sur les sociétés est un peu moins élevé en France, il est convaincu que l’ensemble des autres taxes (professionnelles ou TVA) sont beaucoup plus élevées.

D’autres dénoncent également les lourdeurs administratives dans l’Hexagone, comme Me Germain, avocat fiscaliste à Perpignan. "En Espagne, l’administration est un partenaire de l’entreprise. On n’hésite pas à rencontrer son inspecteur fiscal, social ou autre, pour discuter de projets avec lui et trouver des solutions. En France, il existe une crainte : l’administration fiscale a une image répressive plus que de service", explique-t-il.

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Un gros classeur rouge

Après avoir dirigé pendant trois ans une petite entreprise de location de vidéos en région parisienne, François-Xavier Hastings a quitté le continent avec femme et enfants pour s’installer en Irlande, où il est artisan cuisinier à domicile.

Il en avait "assez des tracasseries administratives", symbolisées à ses yeux par ce gros classeur rouge qu’il a emmené avec lui dans son exode et où il conserve deux ans de comptabilité de l’époque où il était une entrepreneur français. "Ici tant que je n’ai pas un certain montant de chiffre d’affaires, je ne paie rien au fisc ", se réjouit-il. " En France, plus j’embauchais, plus j’investissais et plus je payais à l’Etat ", se souvient-il.

  Un tiers des Français satisfaits

Plus d'un tiers des Français jugent acceptable (33%) ou faible (3%) le montant des impôts et taxes versés par leur propre foyer fiscal. Plus de la moitié l'estiment toutefois intolérable (10%) ou trop élevé (47%), selon un sondage publié mardi par les Contribuables associés. Près de la moitié des Français ne sont pas assujettis à l'impôt sur le revenu. 37% pensent que le montant des impôts et taxes qu'il paieront l'an prochain sera "plus élevé" que cette année, 36% estiment qu'il sera "stable" et 18% "moins élevé", d'après cette enquête. Quelque 51% seraient favorables à une réduction du nombre de fonctionnaires si elle s'accompagnait d'une baisse d'impôts mais 41% y seraient opposés.

 

 

 

Par avec TF1 le 10 avril 2002 à 16:39
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