Vivendi: Messier sur le gril

Par DjS, le 24 avril 2002 à 18h08 , mis à jour le 23 avril 2002 à 18h12

A droite, les actionnaires inquiets de la chute de l’action. A gauche, les salariés de Canal Plus en rébellion après le limogeage de leur patron. Au milieu, Jean-Marie Messier qui tentera de rasseoir cet après-midi son pouvoir contesté, lors d’une assemblée générale consacrée aux résultats de Vivendi Universal.

Vivendi Messier © INTERNE

Contenus aux portes du Zénith où se tient l’assemblée générale de Vivendi Universal, des employés de Canal Plus et quelques sympathisants dénonceront cet après-midi le brutal limogeage par Jean-Marie Messier du président de la chaîne cryptée, Pierre Lescure. A leur côté, des représentants du monde du cinéma et du sport, crieront leur inquiétude pour le financement du 7e art et du football.

Dans la salle parisienne, les 5000 actionnaires attendus ne manqueront pas non plus de faire part de leurs préoccupations au pdg français. A commencer par la santé du titre VU, dont la valeur a été divisée par trois en moins de deux ans. Au menu aussi, l’avenir de Vivendi Environnement.

J2M limogé ?

Malgré un bilan boursier positif, la filiale eau, énergie, propreté et  transports pourrait quitter la galaxie VU, qui se concentrerait alors dans la communication. Messier semble vouloir s’en débarrasser rapidement et encaisser un peu d’argent frais pour son groupe. Mais, selon La Tribune, le conseil d'administration aurait conviancu le pdg de suspendre son projet jusqu'en septembre. De toute façon, les acheteurs ne se bousculent pas au portillon.

Un temps évoquée, la perspective d’un remerciement de J2M paraît s’éloigner. Messier débarqué, l’action reprendrait sans doute quelques couleurs mais pour combien de temps ? Même si son impopularité est préjudiciable pour Vivendi, personne mieux que lui ne paraît apte à diriger le géant international dans l’immédiat?

La semaine dernière, le patron a reçu le soutien de Daniel Bouton,  président de la Société Générale, banquier et actionnaire de VU,  qui s'est déclaré "très serein" sur l'avenir du groupe. Quelques jours plus tôt, l'entrée surprise dans le capital à hauteur de 0,5%  de Vincent Bolloré, "prince des plus-values", avait contribué à rassurer les petits porteurs.

Gratifications indues

Ceux-ci ont déjà été la cible d’une opération séduction de Jean-Marie Messier. Le pdg a promis qu’il renoncerait à ses stocks options pour 2002 si l'action, stagnant aujourd’hui à 40 €, ne  revient pas à 60 € avant fin septembre. Ce n'est visiblement pas suffisant pour amadouer Colette Neuville, la pasionaria des petits actionnaires.

La présidente de l'Association pour la défense des actionnaires minoritaires (ADAM) juge "indécent" le projet d'un nouveau plan de  stock-options qui  prévoit une nouvelle distribution aux cadres dirigeants d'un montant de 2 milliards d'euros, alors que le cours de bourse n'a cessé de se dégrader.

Par DjS le 24 avril 2002 à 18:08
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