Vivendi porte plainte pour "piratage" de son AG

Par Gérard RANSAY, le 30 avril 2002 à 17h43 , mis à jour le 29 avril 2002 à 16h19

Le vote électronique utilisé lors de l'assemblée générale de Vivendi Universal aurait donné lieu à des actes de malveillance. Ce "piratage" entraîne l'annulation de l'assemblée ainsi qu'une plainte au pénal du géant des médias.

JM Messier a annulé les votes de l'assemblée générale des actionnaires de Vivendi © Manreo

Décidément les événements rocambolesques s'enchaînent du côté du groupe Vivendi Universal. Après la tornade médiatique provoquée par l'éviction du patron de Canal Plus, Pierre Lescure, l'annonce de pertes sans précédents de 17 milliards d'euros, voilà que la direction de VU annule, unilatéralement, les décisions prises la semaine dernière au cours de son assemblée générale.

Le groupe dirigé par Jean-Marie Messier invoque un piratage des outils électroniques de vote et a déposé plainte contre " X " pour identifier les auteurs de cette fraude. Lors de cette AG, les actionnaires avaient rejeté deux résolutions, dont celle très controversée autorisant VU à mettre en place un plan de stock-options pouvant porter sur 5% du capital social.

Selon Vivendi, "il a été constaté que les votes, émanant des boîtiers des actionnaires présents ayant le plus grand nombre de voix, ont été comptabilisés systématiquement en abstention". "La vérification faite auprès de grands actionnaires comme la Société Générale, le Crédit Agricole, BNP Paribas, a permis de constater que ce vote d'abstention enregistré n'était pas conforme au vote émis à l'aide de leur boîtier", affirme-t-on chez VU.

Les actionnaires minoritaires sont sceptiques

Cette décision a surpris les milieux financiers car cette technologie est actuellement utilisée par la plupart des groupes cotés pour leurs assemblées sans problèmes notoires. Plus surprise encore, sinon soupçonneuse, l'Association des actionnaires minoritaires (ADAM), a décidé de saisir la justice. Sa présidente, Colette Neuville, a expliqué qu'elle allait demander au tribunal de commerce de Paris la mise sous séquestre du disque dur qui a enregistré les votes lors de l'assemblée générale de mercredi ainsi que la nomination d'un expert en informatique qui examinera les opérations sur ce disque.

Pour Mme Neuville, la décision d'annuler les résultats de l'AG de Vivendi Universal est lourde de conséquences pour les petits actionnaires, car " les comptes ne sont pas approuvés et donc le dividende ne pourra pas être versé". Selon l'ADAM, ce report du versement des dividendes aux actionnaires laisse planer le doute sur la situation financière réelle de Vivendi Universal. Fidèle à sa réputation combative, Colette Neuville a d'ores et déjà averti qu'elle commanditerait une expertise de la trésorerie de VU.

Concernant le versement de dividendes, Vivendi Universal a laconiquement indiqué que le paiement qui était prévu le 13 mai, "sera versé sur un compte bloqué à cette date," puis a convoqué la session de rattrapage des actionnaires, avec un ordre du jour identique le 3 juin.

Par Gérard RANSAY le 30 avril 2002 à 17:43
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