© INTERNESans doute Kingfisher est-il peu connu des Français. Ce distributeur britannique se cache pourtant derrière des enseignes comme Darty, But ou Castorama. Mercredi, le géant du bricolage et de l’électroménager a décidé d’empocher les 45% de parts qu’il ne possédaient pas encore dans Casto.
Le mariage des deux enseignes permettra de réaliser des économies, en groupant les achats notamment, et de développer les enseignes. Il sera surtout l’occasion pour Kingfisher de récupérer le contrôle total sur la très lucrative B&Q qu’il avait dû céder à 100% à Castorama en 1998.
Séparer l'électro, puis le vendre ?
Simultanément, le Britannique a annoncé qu’il séparait l’activité électrodomestique, essoufflée, de l’activité bricolage en bonne forme, afin d'en faire deux sociétés cotées en bourse. A terme, l'électro pourrait passer aux mains d'un autre groupe, comme le britannique Dixons ou l'allemand Metro.
Il y a un an, il avait déjà agi de la sorte avec la distribution générale (Woolworth). Il avait également vendu sa chaîne de paraphamacies Superdrug. En France, Darty et But vont donc se développer indépendamment de Castorama, Brico Dépôt ou Dubois Matériaux. Il en ira de même au Royaume-Uni où il opère sous les marques Comet (électro) et B&Q (bricolage) et dans les 15 autres pays où le groupe est présent.
Prime de 20%
Reste à savoir comment réagiront les actionnaires de Castorama Dubois Investissements (CDI) qui se réunissent demain en assemblée générale. Kingfisher, qui détient actuellement 54,6% dans CDI mais 50% des droits de votes seulement, propose aux actionnaires minoritaires de leur racheter leurs actions pour 67 euros pièce. L’acheteur affirme que son offre est 20% plus élevée que le cours de l’action… avant les rumeurs de fusion. Par rapport à la clôture, mardi soir, la prime n’est cependant que de 4%.
Les responsables historiques de
Castorama, cinq Français salariés du groupe menés par son président Jean-Hugues Loyez, et qui détiennent la moitié du contrôle juridique de la société, ont rejeté mercredi soir le projet d'OPA lancé dans la matinée par Kingfisher.L’opération aura un coût total de 5 milliards d’euros environ. Pour aider à la financer, le groupe britannique va émettre de nouvelles actions pour 3,23 milliards d'euros et emprunter le restant. Par ailleurs, Kingfisher a confirmé être à la recherche d'un successeur à son directeur général et fondateur, Geoff Mulcahy. Le nom devrait être annoncé d'ici 6 mois.
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