Une épizootie de peste porcine aurait des conséquences graves

Par , le 03 mai 2002 à 16h15 , mis à jour le 02 mai 2002 à 18h02

Une semaine après la confirmation d'un cas de peste porcine dans l'est de la France, les éleveurs de la région doivent suivre des consignes drastiques pour en éviter la propagation. La France était épargnée par cette épizootie depuis presque 10 ans.

peste porcine cochon malade © INTERNE

Après la fièvre aphteuse, dont la France a connu une épidémie meurtrière l'an dernier, la maladie contagieuse la plus grave chez les porcs et les sangliers est la peste porcine. La maladie, non transmissible à l'homme, a été isolée sur une laie trouvée morte le 10 avril près de Thionville dans le département de la Moselle. Les analyses effectuées sur l'animal ont confirmé les soupçons de présence de peste porcine.

Un cas inquiétant pour les éleveurs de cette région qui, depuis, sont soumis à des mesures de

 

Le reportage
du journal
de 20 heures

 

surveillance drastiques. Près de 400 porcelets d'un élevage voisin ont été abattus et les éleveurs ont dû mettre en place des systèmes de pédiluves et de rotoluves (bassins dans lesquels les personnes ou engins venant de l'extérieur doivent passer pour éviter toute contamination).

Plus aucun animal vivant ne peut sortir de ce périmètre. La France était indemne de peste porcine depuis 1993. Le cas recensé pourrait s'expliquer par la proximité du Luxembourg et de l'Allemagne où des foyers sévissent. Les conséquences économiques, si le virus venait à s'étendre, seraient conséquentes. D'une part parce que les exportations de porcs vers les pays de l'Union européenne et les pays tiers seraient très certainement stoppées, Prague a d'ailleurs interdit vendredi les importations de viande de porc sans traitement thermique en provenance de la France mais aussi parce que cela entraînerait une chute des cours du porc en France. Depuis deux mois déjà, le kilo de porcs a perdu 40 centimes et s'échange à moins d'un euro.

Les symptômes de la fièvre porcine

Dans la forme suraiguë, la mort peut survenir en moins de 48 heures pratiquement sans symptômes. Dans la forme aiguë, la phase initiale est caractérisée par une forte fièvre s’élevant jusqu’à 42°C. Des avortements sont parfois observés. Les animaux deviennent apathiques et ne mangent plus et présentent une conjonctivite avec un larmoiement purulent (photo de Une). Les jeunes animaux fébriles se regroupent en tas. Des troubles digestifs se manifestent par de la constipation suivie de diarrhée. La maladie entraîne également des troubles respiratoires (toux, dyspnée) et des désordres hématologiques : coloration violacée puis nécrose de la peau des oreilles, du groin, des membres et de la face ventrale. Des troubles nerveux sont observés allant de l’incoordination motrice jusqu’à des paralysies des membres postérieurs. Les animaux meurent au bout de 5 à 15 jours. (source : Communiqué de la Direction Générale à l'alimentation)

Par Sophie Lutrand le 03 mai 2002 à 16:15
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