Les patrons accordent leur confiance au gouvernement

Par DjS, le 14 mai 2002 à 15h27 , mis à jour le 14 mai 2002 à 15h44

Le Medef, par la voix de son président, s’est félicité mardi de la nomination de Jean-Pierre Raffarin à la tête du nouveau gouvernement. Le numéro 2 de l’organisation patronale en appelle toutefois à l’orthodoxie budgétaire.

Ernest Antoine Seillière Medef 29 avril 2002 anti FN © LCI

Il en va des dirigeants du Medef comme des duos de flics dans les polars. D’un côté, il y a l’inspecteur compréhensif et patient, Ernest-Antoine Seillière, de l’autre son associé plus bourru, incisif, Denis Kessler. Pour sa première rencontre avec la presse depuis les élections, mardi matin, le président de l’organisation patronale s’est fait tout miel, se félicitant de la nomination d’un "homme de terrain" à la tête du gouvernement, louant les qualités de son ministre de l’Economie et, surtout, se gardant de tout commentaire sur les intentions budgétaires du nouvel exécutif.

Une précaution dont ne s’est pas encombré le numéro 2 du Medef. Alors que plusieurs ministres ont déjà laissé entendre que la France ne respecterait pas ses engagements d’orthodoxie financière, Denis Kessler, lui, tranche tout de go : "Il faut converger vers l'équilibre en 2004, c'est un objectif extrêmement important et pour y arriver il faudra bien s'attaquer à la réforme de l'Etat et bien sûr au montant, au niveau et à la structure des dépenses".

Un appel embarrassant

Réformer l’Etat ? c’est bien l’intention du gouvernement Raffarin, même si, campagne législative oblige, le nouvel exécutif n’a pas encore divulgué son plan d’action, ni les coupes claires qui l’accompagneront. Diminuer les dépenses ? difficile quand on s’est fait élire sur le tout sécurité et que l’on veut se donner les moyens de ses promesses. Et si l’on ajoute le manque à gagner que provoqueront les diminutions d’impôts, l'orthodoxie qu'appelle de ses voeux monsieur Kessler risque d’être embarrassante pour le pouvoir.

Ernest-Antoine Seillière, un peu gêné, tempère : "Il y a un engagement politique européen, cela dit il appartient aux différents gouvernements de traiter sa mise en œuvre en fonction de ce qu'ils estiment être l'intérêt économique des pays". En clair, si le patron des patrons se refuse de juger l'idée d’un assouplissement du calendrier budgétaire pour l’instant, il n’écarte pas non plus une renégociation de l’échéance 2004.

Unis contre le PS

En revanche, numéro 1 et numéro 2 du Medef critiquent de concert l’ancien gouvernement. Denis Kessler met en cause la gestion des années de croissance, tandis qu’Ernest-Antoine Seillière se réjouit d’avoir affaire, en la personne de M. Raffarin, à "un homme d'écoute". "Ce qui pour nous tranchera avec les personnalités avec lesquelles nous étions amenés à chercher à avoir des contacts dans le gouvernement précédent", lance-t-il.

Le président du Medef s'est félicité mardi que le gouvernement fasse, "lui, appel au dialogue social comme méthode fondamentale pour moderniser notre pays" , à l’inverse selon lui du parti socialiste qui "ignore le dialogue social (...) et souligne à l'envi l'interventionnisme de l'Etat par la circulaire, le décret et la loi".

Par DjS le 14 mai 2002 à 15:27
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