© AFPtf1.fr: Des représentants des salariés de l’usine AZF de Toulouse, dont vous faites partie, ont pu rencontrer ce matin le Pdg de TotalFinaElf (TFE), Thierry Desmarest, afin d’évoquer avec lui l’avenir du site toulousain et surtout celui des salariés. En savez-vous un peu plus sur les causes de ce drame ?
Marc Gianotti, délégué CGT : Selon le Pdg de TFE, les spécialistes chargés de l’enquête privée ont eu accès à certains éléments d’information qu’ils n’avaient pu obtenir jusqu’à là mais la nature de ces informations n’a pas été divulguée. Thierry Desmarest estime ne pas encore disposer de tous les éléments pour définir avec assurance la cause de l’explosion. La société a chargé un laboratoire russe de vérifier si la thèse de l’arc électrique est crédible. Les experts devront simuler l’explosion non plus avec quelques kilos de nitrate d’ammonium mais avec plusieurs tonnes, comme le hangar en contenait le jour de la catastrophe.
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M.G. : Non, il nous a réexpliqué que c’était impossible compte tenu du contexte politique local et national, de la durée qui s’est écoulée depuis l’explosion, de la perte irréversible des marchés et surtout en raison des investissements nécessaires non seulement au redémarrage mais encore au respect des futures législations sur l’implantation des usines chimiques. Manifestement, pour TFE, la question du redémarrage est évacuée. Monsieur Desmarest ne s’est pas non plus engagé à rencontrer le nouveau gouvernement, estimant qu'il est peut-être un gouvernement d'interim et, surtout, que le président de la République s'est déjà prononcé pour le non redémarrage.
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Avez-vous eu des précisions sur une éventuelle reconversion du site toulousain ?M.G. : Quelques idées ont été évoquées. La filiale de TFE, Total Energie, étudie la possibilité de produire des panneaux solaires, en partenariat avec EDF. Cette activité, initialement prévue à Lyon, emploierait quelques dizaines de personnes. Le site pourrait aussi accueillir une structure biotechnologique ou un institut européen de sécurité, chargé de la formation, de l’information et de l’investigation dans le domaine de la sécurité industrielle. Ces projets pourraient être financés par TFE mais sa contribution s’arrêterait là. Sanofi-Synthelabo Toulouse pourrait également participer à la reconversion du site.
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Reste alors la question du plan social à laquelle la CGT était particulièrement attachée. Quels sont les engagements de TFE ?M.G. : Thierry Desmarest nous a répété qu’il ne laisserait personne sur le carreau et que le geste social serait à la mesure de la situation exceptionnelle de Toulouse. Bien entendu, ce n’était pas l’endroit pour négocier en détail la partie sociale d'autant que la loi l'interdit à ce stade. Nous avons évoqué les questions de préretraite selon des tranches d’âge à négocier et des reclassements dans le groupe ou dans d’autres entreprises locales, voire sur le site reconverti. Nous avons demandé qu’il n’y ait pas d’interprétations différentes de ces engagements selon que notre interlocuteur soit TFE ou sa filiale Grande Paroisse (propriétaire d’AZF).
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