© INTERNEEn cinq semaines, sans majorité parlementaire, que peut-on faire ? Selon les propos tenus par Jacques Chirac et ses proches la semaine dernière, le nouveau gouvernement n'attendrait pas les législatives pour prendre les premières mesures. Tout d'abord, une fois le premier ministre nommé, il devrait annoncer la création d'un ministère de la Sécurité qui regrouperait police, gendarmerie et douane pour une meilleure coordination. Dans la foulée, un conseil de la sécurité intérieure, qui serait directement rattaché au chef de l'Etat, serait mis en place de même que les "groupements opérationnels régionaux". Ils réuniront des spécialistes de la justice, de la police, de la gendarmerie des douanes et des impôts, afin de "démanteler les réseaux mafieux" dans les quartiers dits difficiles. Voilà pour la sécurité.
Le candidat Chirac avait annoncé que deux autres domaines devraient faire l'objet de mesures prioritaires : la relance du dialogue social et la baisse de la fiscalité. Pour le premier, Nicolas Sarkozy avait déclaré qu'il fallait "restaurer le paritarisme", ramener le Medef dans les instances de la Sécurité sociale dont il a claqué la porte. Le nouveau gouvernement devrait rapidement demander aux partenaires sociaux de réfléchir à un assouplissement des 35 heures.
Pas de trêve estivale pour les députés
Pour le volet fiscal, Jacques Chirac s'est engagé à réduire de 5% l'impôt sur le revenu dès le paiement du troisième tiers provisionnel, à savoir avant le 15 septembre 2002. Le nouveau gouvernement doit entamer des négociations très rapidement avec Bruxelles pour obtenir l'abaissement de 19,6% à 5,5% de la TVA pour les métiers de la restauration. Pour mettre en œuvre le reste de son programme fiscal, baisse de 30% de l'impôt sur le revenu en 5 ans, le premier ministre nouvellement nommé devra se mettre sans plus tarder à la préparation du collectif budgétaire et négocier avec Bruxelles le report de la date à laquelle était prévu l'équilibre budgétaire en France. Avec de telles réformes, l'échéance de 2004 ne pourra en effet, pas être tenue.
Quoique partiellement bloqué par l'absence d'une majorité parlementaire, réalité qui pourra peut-être changer avec élections législatives, le gouvernement peut toujours prendre des lois-programme pour la police et la justice et préparer des projets de loi qu'il votera en conseil des ministres. Une cession exceptionnelle du Parlement devrait s'ouvrir cet été. Pas de temps à perdre.
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