"Règlement des comptes" à New York pour Vivendi

Par Gérard RANSAY, le 29 mai 2002 à 07h00 , mis à jour le 28 mai 2002 à 21h04

Le conseil d'administration de Vivendi Universal qui se réunit cet après-midi devrait trancher sur les différents scénarios de gestion de la crise qui secoue le groupe. Objectif numéro un : le désendettement.

Vivendi Messier © INTERNE

M. Jean-Marie Messier, PDG de Vivendi Universal (VU), réunira mercredi à New York à partir de 16h00, heure française, un conseil d'administration crucial, au cours duquel seront examinées les diverses stratégies de désendettement ainsi que les comptes du groupe. La dette de VU, qui serait supérieure à 19,5 milliards d'euros, impose désormais des cessions d'actifs afin de rassurer les marchés et endiguer la descente aux enfers du titre à Wall Street. La chute de celui-ci est telle qu'elle a entraîné des spéculations sur le maintien ou non de M. Messier à la tête de VU, tandis que les scénarios de démantèlement du groupe ont fait florès. Cette morosité persistante de l'action a rendu le titre de plus en plus attractif pour les raiders financiers, et la menace d'OPA (offre publique d'achat) hostile est une épée de Damoclès au-dessus de la direction générale de VU.

Le conseil doit absolument assécher les foyers de pertes

Si tout le monde est d'accord sur le principe de stopper l'hémorragie des pertes, c'est sur les stratégies pour y parvenir que s'affrontent les barons du groupe Vivendi. JM Messier aura donc fort à faire face aux quinze autres membres du conseil, notamment des administrateurs américains particulièrement remontés. Selon Libération, un des administrateurs américains de Vivendi Universal aurait même demandé une étude approfondie des comptes de l'entreprise en vue du conseil. Pour sortir son groupe de la crise financière, JM Messier s'est attaqué aux foyers de pertes que constituent le groupe Canal Plus et les activités Internet, comme le portail Vizzavi, qui s'est révélé être un véritable boulet financier.

La vente des 15% de Vivendi Environnement ne suffira pas

L'autre secteur d'activité qui plombe très lourdement les bilans de VU est la télévision à péage, en particulier la plate-forme de télévision italienne Telepiu qui s'est ruinée dans une guerre ouverte avec Stream, sa concurrente locale. En des temps plus fastes, il avait été prévu que Telepiu devait absorber Stream. Aujourd'hui, comble d'ironie, la sortie la moins coûteuse pour Vivendi de ce bourbier italien, sera probablement une vente au groupe News Corp. de Rupert Murdoch, propriétaire de Stream. Après les foyers de perte, les joyaux familiaux sont mis à contibution, c'est la vente, déjà annoncée de 15 à 20% du capital de Vivendi Environnement (détenu actuellement à hauteur de 63%), qui rapporterait environ 2 milliards d'euros. Là  encore deux montages s'opposent : soit la vente à un noyau dur d'actionnaires et cotation du reste des titres, soit la vente à une banque qui se charge d'écouler les actions à sa guise.

Plus que jamais, les marchés, et les agences de rating, Moody's, Standard and Poors, attendent un signe fort de Vivendi Universal, des cessions juteuses bien sûr, mais aussi des stratégies à moyen et long terme capables de donner de la cohérence à un conglomérat d'entités éclectiques.

Par Gérard RANSAY le 29 mai 2002 à 07:00
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