© Manreo"Malgré l'annonce le 11 avril dernier de la 'fermeture' des installations et même si celle-ci est acquise pour certains décideurs, l’ordre du jour des comités centraux d’entreprise (CCE) de Grande Paroisse reste le projet de non-redémarrage et non un projet de plan social ", a rappelé Michel Gaubert, délégué CFE-CGC d’AZF, à la veille d'une rencontre des salariés avec le Pdg de TotaFinaElf (TFE), Thierry Desmarest. "Preuve en est qu’une expertise a été ordonnée par le CCE pour évaluer les possibilités techniques et financières d’un redémarrage du site", a poursuivi le syndicaliste.
Techniquement, les salariés sont persuadés que l’usine peut reprendre sa production. "A part l’atelier de nitrate d’ammonium (un fertilisant) où s’est produite l’explosion, les autres unités, celles d’ammoniac ou d’urée notamment, peuvent repartir car l’outil fonctionne : seuls les bâtiments et les hangars ont été rasés", affirme Jean-Ghislain t’Kint de Roodenbeke. "Un mois après l’explosion, il suffisait d’appuyer sur un bouton pour que tout reparte", assure le président de la branche Chimie de la CFE-CGC.
"Les politiciens et les médias s'acharnaient"
Economiquement, en revanche, le Pdg de Grande Paroisse Michel Perratzi a émis des doutes sur la pertinence d’une reprise des activités. En trois ou quatre ans de réparations, AZF ne parviendra pas à "conserver sa position commerciale", estime-t-il. "Ces parts de marchés, on les perdra sans doute si on reconstruit AZF mais on les perdra à coup sûr si on ferme le site", plaide Michel Gaubert.
Jean-Ghislain t’Kint de Roodenbeke ne se fait pas d’illusion : "Au soir du 21 septembre, la décision était déjà prise de fermer l’usine, de produire l’engrais sur d’autres sites et d’abandonner les activités non rentables. Tout le monde sait que le site de Grande Paroisse ne dégageait pas les mêmes profits que les activités pétrolières de TFE". Le syndicaliste s’étonne du silence des patrons de l’entreprise, alors que "les politiciens et la presse s’acharnaient sur AZF, jouant sur la corde émotive sans jamais chercher à expliquer"
(lire la suite en page 2).(suite de la page 1) Marc Gianotti, délégué CGT d'AZF, est très réservé aussi sur les espoirs de redémarrage. "Au lendemain de la catastrophe, au bord du cratère, Thierry Desmarest nous rassurait déjà sur notre avenir social mais il est resté silencieux pendant huit mois sur les projets économiques de TFE sur le site", explique-t-il.
"Thierry Desmarest et, surtout, la chambre patronale n’ont pas suffisamment défendu l’industrie chimique, mais je ne pense pas que le patron de TFE ait eu la volonté de fermer l’usine AZF", estime Danielle Karnievicz, déléguée CFE-CGC de la branche Chimie de TFE. "M. Desmarest a rencontré tous les politiques, Jospin, Chirac, et ils lui ont tous expliqué qu’ils ne pouvaient se permettre, vu le traumatisme et le contexte électoral, d’autoriser le redémarrage de l’activité avant plusieurs années", rapporte-t-elle. "Le Pdg nous a alors dit qu’il lui était économiquement impossible d’attendre tout ce temps", explique la déléguée.
"Un plan social exemplaire"
Sans doute le Pdg de TFE ne dira-t-il rien d’autre aux salariés ce matin. "Peut-être se laissera-t-il convaincre de reprendre contact avec les nouveaux élus", espèrent la CFE-CGC, qui entend rencontrer de son côté le Premier ministre et son ministre de l’Economie. Sinon les syndicats n’auront d’autres recours que d’évoquer les questions de reconversion, de reclassement et de licenciements.
"Nous demanderons un plan social exemplaire et exceptionnel à la mesure de la catastrophe", se résigne Michel Gaubert. "Après huit mois d'incertitude sur leur avenir, les gars ont d'autres préoccupations que de se battre contre tous pour maintenir l'activité à Toulouse", avoue Marc Gianotti. "Ils veulent des assurances sur leur propre sort", conclut le délégué CGT.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




