© INTERNEConfronté à de lourdes pertes en 2001, Yahoo a lancé récemment une réforme de ses activités afin de se désengager de celles qui n'étaient pas rentables et optimiser les performances de l'entreprise sur le Nasdaq. La firme américaine a ainsi annoncé jeudi, qu'ellel allait fermer ses services d'enchères en ligne au Royaume-Uni Irlande, France, Allemagne, Italie et Espagne. A leur place, d'ici six semaines on trouvera les sites locaux du leader mondial des "cyber-enchères", eBay. En Europe, seule la Scandinavie échappe à cette série de fermetures car dans ces pays, tout comme au Japon, Yahoo est sur la plus haute marche du podium des ventes en ligne.
Pragmatique, Mark Opzoomer, directeur général de Yahoo Europe, indique que "cet accord représente une orientation décisive pour Yahoo Europe sur les plans stratégique et financier. Il précise que les ressources seront réaffectées "sur des activités porteuses en termes de croissance à long terme et de part de marché." Bien qu'on suppute une alliance intéressante pour eBay, et malgré des estimations de plusieurs millions d'euros par an rien n'a filtré, les deux parties étant restées muettes à propos des modalités financières de cet accord "pluriannuel"
Yahoo avait trop misé sur la publicité
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L'accord entre eBay et Yahoo met en exergue les difficultés que connaissent les géants de l'internet à rentabiliser des marques qui bénéficient d'une aura planétaire. Yahoo dont le modèle économique reposait fortement sur les revenus publicitaires, a logiquement subi de plein fouet la chute du marché de la publicité en ligne en 2001. Conscient du danger, et logique de rentabilisation oblige, ce service était pourtant devenu payant aux Etats-Unis dès début 2001, mais Yahoo n'avait pas souhaité franchir le pas en Europe. Le développement des enchères était un des secteurs sur lequel Yahoo comptait pour être moins dépendant de la pub. Las, bien que très alléchant, le marché européen, évalué à 706 millions d'euros par an, par l'institut Forrester, a été rapidement saturé par eBay, et QXL un site anglais. La bataille fut rude et la situation est rapidement devenu intenable pour les enchères de Yahoo car là comme ailleurs, acheteurs et vendeurs ont tendance à se rendre sur les sites les plus visités, rendant difficile le maintien d'acteurs détenant une faible part de marché.
Ce virage stratégique spectaculaire de Yahoo devrait lui permettre de relancer ses troupes dans la longue quête de la rentabilité en Europe, mais aussi aux USA. Le ciel est plus bleu pour le précurseur des enchères en ligne, eBay, qui affiche une santé insolente. Avec 90,4 millions de dollars de bénéfice au compteur en 2001, eBay prouve que les marques phare sur le web font largement mieux que survivre et s'installent pour durer.
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