Alcatel reste très vague sur sa restructuration

Par DjS avec AFP, le 28 juin 2002 à 08h34 , mis à jour le 27 juin 2002 à 17h17

Les syndicats reprochent à l’équipementier français d’avoir annoncé 10.000 nouveaux licenciements à la presse avant même d’en avoir informé les salariés. Jeudi, les délégués n’ont pas obtenu de précisions sur la restructuration.

alcatel usine ilkirch © INTERNE

Les syndicats européens d’Alcatel n’ont pas du tout apprécié d’apprendre dans la presse mercredi que dix mille suppressions d’emplois étaient à nouveau prévues par l’équipementier français d’ici 2003, après les 35.000 déjà engagées. Jeudi, en comité de groupe, ils ont prévenu le Pdg, Serge Tchuruk, qu’ils allaient le poursuivre en justice pour " délit d’entrave ".


Les opérateurs investissent moins
- Alcatel 
"Il y en a assez que les informations sur l'emploi soient annoncées d'abord à la presse. On peut identifier une délit d'entrave au regard de la loi de modernisation sociale", a déclaré Jean-Pierre Claveau, délégué CGT, lors d'une interruption de séance.

De 70.000 à 113.000 salariés

A la direction, on explique que ce plan de restructuration n’est pas bouclé et donnera lieu à "plusieurs mois de concertation". "Le chiffre des 10.000 a été avancé par des analystes et la direction a confirmé qu'il correspondait à un certain état de la réflexion, mais rien n'est arrêté dans le détail. Il n'y a pas de chiffres précis", a-t-on assuré dans l’entourage de la direction.

Les mesures annoncées concerneront principalement "les Etats-Unis et l'Europe de l'Ouest" sous forme d'"externalisations, cessions, et départs", précise-t-on de même source. En 2003, le groupe pourrait ne plus compter que 70.000 des 113.000 salariés employés à la fin 2000.

Pourra-t-il redémarrer ?


Des câbles sous-marins - Alcatel

Ce n'est qu'"à l'automne" que devrait voir le jour un projet concret, avec les chiffres pays par pays, expliquait-on encore de même source, tout en soulignant que le plan qui serait alors arrêté "pourrait ensuite être modifié si la conjoncture devenait meilleure en fin d'année". La santé de l’équipementier est dépendante de l’activité des opérateurs de télécommunications, notamment américains et sud-européens dont les investissements ont été compressés ces derniers temps.

"Aujourd'hui Alcatel prend le risque de se rétrécir et de ne pas avoir toutes les capacités pour redémarrer lorsqu'il y aura une reprise, et cela peut préparer des désastres encore plus importants", avertit Jean-Pierre Claveau.

Par DjS avec AFP le 28 juin 2002 à 08:34
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