Augmenter le smic, mais lequel ?

Par , le 06 juin 2002 à 17h24 , mis à jour le 05 juin 2002 à 18h10

Le PS annonce une hausse de 5%, le PC de 10%, le gouvernement Raffarin préfère laisser planer l'incertitude : de combien sera la hausse du salaire minimum cette année ? Pour les syndicats, l'urgence est aussi de revenir à un seul Smic.

vignette conjoncture © INTERNE

La traditionnelle hausse du Smic du 1er juillet prend une importance toute particulière cette année. Ce sera une des premières mesures du gouvernement à la suite des législatives. L’équipe Raffarin n’a pas encore dévoilé ses intentions et attendra, si elle reste en place, la fin du mois de juin pour le faire. Cette dernière devrait avoir à cœur de ne pas trop augmenter les charges pesant sur les entreprises. Mais elle ne saurait faire l’économie d’un coup de pouce aux 2,7 millions de smicards alors qu’elle prévoit une baisse de 5% des impôts sur le revenu dès cette année et de 30% en cinq ans.

Au Parti socialiste, on met la barre haute. Vincent Peillon a annoncé une hausse de 5% du Smic si la gauche revenait au pouvoir. L’an dernier, seul le PC avait eu " l’audace ", de réclamer une augmentation de 5% pour le salaire de base. Aujourd’hui, il porte ses exigences à +10%. La nouvelle position du PS a d’ailleurs fait réagir Olivier Besancenot qui a souligné que lorsqu’elle était au pouvoir, la gauche n’avait jamais décidé d’une telle hausse.

Un, deux, trois... quatre Smic !

Il est de tradition que chaque nouveau gouvernement donne un " coup de pouce " au salaire minimum. Il avait été de 4% en 1995 avec le gouvernement Juppé (avec un gain de pouvoir d’achat de 2,5%) et de 4% avec le gouvernement Jospin en 1997 (pour un gain de 3,2%, inflation déduite).

Mais plus que la hausse du salaire minimum, les syndicats souhaitent une harmonisation des différents Smic. Aujourd’hui, il n’existe pas moins de quatre niveaux de Smic et un cinquième va même se rajouter le 1er juillet prochain. Concrètement, lors du passage aux 35 heures, le gouvernement a mis en place un système dit de " complément différentiel " afin d’éviter aux entreprises travaillant encore 39 heures une revalorisation de 11% du Smic horaire. Résultat, plus un salarié est passé tôt aux 35 heures et plus il est pénalisé. " Ce qui est tout sauf juste ", estime Roland metz, conseiller confédéral de la CGT. Le Premier ministre a d’ailleurs chargé la Commission économique et sociale (CES) de dresser un état des lieux et de proposer des solutions pour clarifier la situation d’ici juillet.

Un écart de 100 euros par mois

Il est prévu d’harmoniser ces différents salaires minimums d’ici 2005 mais " on ne peut pas laisser creuser les écarts si longtemps ", juge-t-on à la CFDT. " Deux smicards peuvent avoir une différence de 100 euros par mois ! ". Le syndicat de François Chérèque réclame donc un vrai coup de pouce pour les moins biens lotis et un moindre coup de pouce pour les autres, afin de permettre une harmonisation. Force Ouvrière souhaite également le retour à un seul Smic et le rétablissement du taux horaire. La CGT va encore un peu plus loin en réclamant un salaire de base à 1400 euros. Il est aujourd’hui compris entre 1081 et 1126 euros. Le Medef, de son côté, prône une réforme radicale du Smic avec la création d’une commission indépendante pour sa revalorisation et la disparition des fameux " coups de pouce ".

Par Sophie Lutrand le 06 juin 2002 à 17:24
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