© AFPLa France a promis hier soir à ses partenaires européens qu’elle respecterait son engagement d’un retour à des comptes équilibrés, ou du moins proches de l’équilibre, à l’horizon 2004. Mais aussitôt cette annonce faite par la présidence espagnole de l’Union européenne, Paris s’est empressé de préciser qu’elle ne tiendrait cette promesse qu’à la condition que la croissance soit de 3% ces deux prochaines années dans l’Hexagone.
Ce matin, peu avant l’ouverture du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement à Séville, le ministre allemand des Finances Hans Eichel a à son tour expliqué que l’engagement de Berlin à revenir à l’équilibre pour 2004 était lui aussi lié à la croissance. Mais il s’est montré moins exigeant, évoquant un chiffre de 2,5%.
Grandes orientations économiques
Les ministres des Finances ont ainsi pu adopter, au terme d'une discussion marathon, le texte des grandes orientations de politique économique qui fixe la cadre des politiques budgétaires des Quinze dans les années à venir. Ce texte qui stipule l'équilibre des comptes de tous les pays en 2004 doit être avalisé par le sommet européen de Séville vendredi et samedi.
Le texte adresse plusieurs recommandations à la France en particulier de "s'assurer" que son déficit public en 2002 "ne dépassera pas le seuil de 3%" du PIB, alors que Paris s'attend a un déficit de l'ordre de 2,5% cette année. L'UE recommande aussi à la France de "surveiller étroitement sa situation budgétaire", et de "s'assurer que toute nouvelle baisse d'impôts n'aurait pas d'impact sur le déficit".
Paris maintient ses promesses
Elle lui demande également de "réduire suffisamment ses déficits en 2003 de façon à garantir une situation budgétaire proche de l'équilibre en 2004". Enfin, le texte demande à la France de "réduire à moyen terme le niveau de ses dépenses publiques", de mener une "politique de vastes réformes structurelles pour augmenter son potentiel de croissance" et "d'élaborer sans délai une réforme globale de son système de retraite pour en assurer sa pérennité dans un contexte de veillissement de la population".
Le ministre français de l’Economie et des Finances Francis Mer n’en a pas moins réitéré les engagements électoraux pris par le président Jacques Chirac et son gouvernement et a souligné que la France entendait poursuivre "sa politique en matière de sécurité, défense et de justice, qui font partie d'un ensemble".
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