© INTERNEAvec ou sans fuite, il n’y aura pas de " coup de pouce " au smic. Le ministre des affaires sociales n’a pas contredit Jean-Pierre Raffarin qui avait laissé entendre que contrairement à la tradition qui veut qu'une nouvelle majorité marque son avènement par un geste sur le smic, son gouvernement n'en ferait rien. François Fillon a proposé lundi matin aux partenaires sociaux une hausse de 2,4% du salaire de base, soit la stricte application mécanique de l’inflation.
On baisse bien les impôts...
Polémique autour d'un coup de pouce
Cela représenterait une augmentation de 27 euros (1154,27 euros bruts mensuels) pour un smicard à 39 heures. Seule concession accordée, le gouvernement avancerait à 2003 l’harmonisation du smic devenu multiple avec la mise en place des 35 heures, au lieu de 2005. Le Premier ministre a demandé au Conseil économique et social (CES) de formuler des propositions pour revenir à un seul smic au lieu de cinq aujourd’hui, et six dès le 1er juillet. Aujourd'hui, la différence de salaire selon la date à laquelle le smicard est passé aux 35 heures peut aller jusqu'à 11%. Le CES doit rendre son rapport le 10 juillet.
La nouvelle a provoqué une levée de boucliers de la part des syndicats. Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT a parlé d’une " décision absolument injuste et révoltante " à comparer avec la volonté du gouvernement de baisser les cotisations patronales et " d’alléger les impôts pour les plus riches ".
Le gouvernement répond" à l'attente des entreprises"
Maryse Dumas a rappelé que les salariés au smic étaient surtout des femmes, des jeunes et " beaucoup de salariés de très petites entreprises ". Pour FO, les salariés sont " encore les grands perdants ". Quant à l’harmonisation, elle souhaite que ce ne soit pas un vœu pieu : " On a fait rapidement les calculs, on arrive pratiquement à 40 euros de différence entre un salarié qui est passé au smic en 1999 " et un autre qui y est passé en 2002, a déclaré Michèle Biaggi de FO.
Seul le Medef s’est montré satisfait. " Si le gouvernement s’en tient à une augmentation légale, c’est une solution qui répondra à l’attente des entreprises et de l’emploi ", a estimé le représentant du Medef, Denis Gautier-Sauvagnac. L’arbitrage définitif devrait intervenir lors du conseil des ministres de mardi.
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