Pas de "coup de pouce" aux smicards

Par S.L, le 24 juin 2002 à 16h12 , mis à jour le 24 juin 2002 à 17h03

François Fillon a proposé une hausse de 2,4% du salaire de base soit une augmentation correspondant à l'évolution des prix depuis un an. Le gouvernement propose toutefois de revenir à un seul smic en 2003 plutôt qu'en 2005 comme prévu.

François Fillon gouvernement Raffarin © INTERNE

Avec ou sans fuite, il n’y aura pas de " coup de pouce " au smic. Le ministre des affaires sociales n’a pas contredit Jean-Pierre Raffarin qui avait laissé entendre que contrairement à la tradition qui veut qu'une nouvelle majorité marque son avènement par un geste sur le smic, son gouvernement n'en ferait rien. François Fillon a proposé lundi matin aux partenaires sociaux une hausse de 2,4% du salaire de base, soit la stricte application mécanique de l’inflation.

On baisse bien les impôts...


De  un à 6 smics


Polémique autour d'un coup de pouce

 


Le premier dérapage de Jean-Pierre Raffarin

Cela représenterait une augmentation de 27 euros (1154,27 euros bruts mensuels) pour un smicard à 39 heures. Seule concession accordée, le gouvernement avancerait à 2003 l’harmonisation du smic devenu multiple avec la mise en place des 35 heures, au lieu de 2005. Le Premier ministre a demandé au Conseil économique et social (CES) de formuler des propositions pour revenir à un seul smic au lieu de cinq aujourd’hui, et six dès le 1er juillet. Aujourd'hui, la différence de salaire selon la date à laquelle le smicard est passé aux 35 heures peut aller jusqu'à 11%. Le CES doit rendre son rapport le 10 juillet.

La nouvelle a provoqué une levée de boucliers de la part des syndicats. Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT a parlé d’une " décision absolument injuste et révoltante " à comparer avec la volonté du gouvernement de baisser les cotisations patronales et " d’alléger les impôts pour les plus riches ".

Le gouvernement répond" à l'attente des entreprises"

Maryse Dumas a rappelé que les salariés au smic étaient surtout des femmes, des jeunes et " beaucoup de salariés de très petites entreprises ". Pour FO, les salariés sont " encore les grands perdants ". Quant à l’harmonisation, elle souhaite que ce ne soit pas un vœu pieu : " On a fait rapidement les calculs, on arrive pratiquement à 40 euros de différence entre un salarié qui est passé au smic en 1999 " et un autre qui y est passé en 2002, a déclaré Michèle Biaggi de FO.

Seul le Medef s’est montré satisfait. " Si le gouvernement s’en tient à une augmentation légale, c’est une solution qui répondra à l’attente des entreprises et de l’emploi ", a estimé le représentant du Medef, Denis Gautier-Sauvagnac. L’arbitrage définitif devrait intervenir lors du conseil des ministres de mardi.

Par S.L le 24 juin 2002 à 16:12
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