© INTERNEVivendi Universal (VU), qui a connu un bref répit en début de semaine après la cession de Telepiù en Italie, a repris sa descente aux enfers vendredi, enfonçant des planchers historiques à la Bourse de Paris. L'action a vacillé à la suite d'informations de presse selon lesquelles VU reporterait à septembre, au lieu de mi-juillet, la cession partielle de sa participation de 63% dans Vivendi Environnement (VE), sa filiale eau, propreté, énergie et transports. Vendredi, l'action VU, à 26,10 euros, est tombée à son plus bas niveau depuis septembre 1996 à la Bourse de Paris, dans un marché certes déprimé. Le titre s'est ensuite redressé légèrement pour clôturer à 27,88 euros. Le début de semaine avait pourtant été favorable, et l'action avait repris quelques couleurs, lundi, après la cession de l'Italien Telepiù pour 1,5 milliard d'euros. Le report de l'opération sur VE, sur lequel le groupe reste totalement silencieux, serait justifié par la baisse du titre, proche depuis plusieurs séances de son prix d'introduction. A priori, l'idéal pour VU serait d'attendre la fin du premier trimestre 2003 pour procéder à une cession partielle de VE afin de bénéficier des avantages fiscaux acquis au moment de la fusion entre Vivendi, Canal+ et Seagram fin 2000 pour former Vivendi Universal.
L’ADAM ne lâche pas prise
Fidèle à sa réputation de redoutable négociatrice, Colette Neuville présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (ADAM), ne lâche pas prise et VU est sous la pression de cette association qui a déjà fait plier d’autre grands groupes. Jeudi, Colette Neuville, a annoncé avoir déposé devant le tribunal de commerce de Paris, une demande d'expertise pour savoir "comment ont été prises les décisions qui ont mené à la situation catastrophique actuelle". Son objectif est "de mettre en cause les dirigeants actuels de Vivendi", a-t-elle indiqué. Dans un premier temps, l'expert, s'il est nommé par le tribunal aux termes de l'article 145 du nouveau code de procédure civile, devra "constater la situation catastrophique dans laquelle se trouve Vivendi Universal : ses pertes, son cours de bourse, sa dette... et déterminer comment on est arrivé là", a précisé Mme Neuville. "La direction générale a-t-elle pris ses décisions toute seule ou sous le contrôle du conseil d'administration ? Les administrateurs ont-ils reçus des dossiers complets pour pouvoir prendre leurs décisions en toute connaissance de cause ?", s'est interrogée Mme Neuville.
Jean Marie Messier n’a donc pas fini d’entendre parler de l’ADAM, et risque en plus d’avoir à gérer une opposition politique aux opérations de désengagement de Vivendi Environnement. VE n’est pas une société comme les autres, premier opérateur de l'eau en France, elle dessert 8.000 communes, soit 26 millions d'habitants, et Jacques Chirac a affirmé pendant la campagne présidentielle qu'il serait "inacceptable" que VE tombe dans l'escarcelle d'un groupe étranger.
MM. Messier et Bronfman
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